chargement...

haut de page

My

Remontez pour accéder au menu
55 visiteurs ::   » se connecter  » s'enregistrer
Chroniques »

Pissgrave - Suicide Euphoria

Chronique

Pissgrave Suicide Euphoria
Deux ans et demi après la sortie du premier album de Pissgrave, j’ai forcément un peu l’impression d’arriver après la bataille… Mais bon que voulez-vous, ce n’est pas une raison suffisante pour passer sous silence cet album dont on a déjà beaucoup parlé ici et là. Et s’il y a plusieurs raisons à cela dont la qualité même de ce premier album, l’une des plus évidentes concerne bien évidemment l’artwork choisi par les Américains pour illustrer ce Suicide Euphoria. Loin d’être choqué ou même dérangé par celui-ci, je reconnais bien volontiers avoir trouvé étonnant ce choix tant il appartient bien souvent à des groupes officiant dans un registre quelque peu différent, celui du Goregind (Last Days Of Humanity en tête). Pourtant, combien d’illustrations mettent en scène des choses encore beaucoup plus explicites ? Sauf que là, il s’agit effectivement d’une photographie, a priori sans trucage, d’un corps qui n’en est plus un dans ce qui s’apparente (je ne suis pas médecin légiste) à un cas d’extrême décomposition. Une vision absolument sans filtre de la mort que l’on n’a pas l’habitude de nous voir imposer mais qui reflète pourtant très bien ce que l’on peut trouver à l’écoute de ce premier album.

Originaire de Philadelphie, Pissgrave sort sa première et unique démo en avril 2014. Une cassette à l’artwork elle aussi particulièrement dégueulasse et sur laquelle on trouvait déjà à l’époque trois titres qui figureront plus tard sur Suicide Euphoria ("Blood Fog", "Prevail In Hell", "Fields Of Scattered Bones"). Il ne faudra ensuite que quelques mois pour que le groupe mené par les frères Mellon (ex-Abhomine (live)) se voit proposer un contrat avec Profound Lore Records pour la sortie de ce premier album paru en août 2015.

A l’image de l’artwork, le Death Metal de Pissgrave s’impose par la force des choses, avec violence et excès. A l’aide de cette production à coucher dehors qui fait la part belle aux distorsions et autres saturations en tout genre, les Américains n’entendent pas séduire le monde entier mais bel et bien pousser les amateurs de Death Metal dans leurs derniers retranchements. La démarche du groupe n’est donc pas si éloignée que ça de celles de formations telles que Blasphemy, Conqueror ou Revenge. On trouve en effet chez Pissgrave ce même sens de l’extrémisme sonore qui se traduit par des compositions relativement courtes (rarement plus de trois minutes) dont est absente toute idée de compromission. Entre la voix exagérément saturée de Tim Mellon (d’ailleurs très proche dans l’esprit de celle de James Read), les guitares abrasives et primaires de Tim Mellon et Demian Fenton qui bourdonnent de douleur ainsi que les assauts d’un Matt Mellon peu avare en blasts, Suicide Euphoria s’apparente bel et bien à l’œuvre d’infâmes terroristes. N’espérez alors aucune compassion ou faiblesse ni même aucuns véritables moments de répit puisque tout n’est ici que chaos, crasse et destruction.

D’un point de vue plus descriptif, la musique de Pissgrave n’est donc pas nécessairement à rapprocher de celle des quelques groupes évoqués plus haut. En ce qui me concerne, je pense plutôt aux Canadiens d’Antediluvian pour ces mêmes riffs rampants, torturés et infernaux et cette manière si particulière qu’ils ont de tournoyer ("Impaled Vibration", "Pain Enchantment", "Suicide Euphoria", la deuxième partie de "The Second Sorrowful Mystery", "Blood Fog"...). On trouve également des séquences beaucoup plus proches d’un Deicide de la première époque, notamment lorsque les Américains accélèrent la cadence comme par exemple sur les plus radicaux et primitifs "Perpetual War", "Fields Of Scattered Bones", "Prevail In Hell", "The Second Sorrowful Mystery" et ces quelques passages à l’esprit Hardcore évident, "Mass Cremation" ou encore sur les séquences rapides de "Blood Fog"). Ces riffs malades et gangrenés, qu’ils soient d’obédience canadienne ou américaine, sont sublimés dans leur démence par quelques solos chaotiques (malheureusement trop peu à mon goût) qui ne vont faire que renforcer cette intensité et ce côté déjà particulièrement excessif ("Pain Enchantment" à 2:52, "Fields Of Scattered Bones" à 1:21, "The Second Sorrowful Mystery" à 3:23). Rajoutez-y cette voix ultra saturée (a priori Tim Mellon utilise deux micros pour ses prises vocales) et vous voilà en compagnie de l’un des disques de Death Metal les plus abrasifs et intenses sortis ces dernières années.

Si vous suivez l’actualité des sorties de près, il y a fort à parier que Suicide Euphoria ne vous soit pas inconnu. Ce premier album sorti il y a déjà plus de deux ans maintenant a en effet très vite fait parler de lui, d’abord à cause de cet artwork immonde mais aussi et surtout grâce à cette approche radicale et tout en excès. Celle-ci a donné forme à un Death Metal furieusement cradingue, capable d’alterner matraquage en bonne et due forme et séquences beaucoup plus tourmentées le tout dans un esprit de démence évident. L’un dans l’autre, Suicide Euphoria est un album traduisant la nature la plus crade et vicieuse de l’homme. Celle que l’on ne veut pas voir mais qui pourtant existe bel et bien, ici plus particulièrement.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

1 COMMENTAIRE(S)

Sim citer
Sim
13/02/2018 11:08
note: 8.5/10
Excellente sortie ce Pissgrave, toujours aussi intéressant à écouter, dur à cerner mais quelle claque, quelle violence! Il me fait penser à l'album d'Ascended Dead de 2017 au niveau de l’intensité et du peu de répit, avec une prod moins sale par contre. Hâte de les voir en live en tous cas!

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Pissgrave
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs : (5)  8/10
Webzines : (5)  6.7/10

plus d'infos sur
Pissgrave
Pissgrave
Death Metal - Etats-Unis
  

tracklist
01.   Perpetual War  (03:39)
02.   Impaled Vibration  (03:43)
03.   Pain Enchantment  (03:14)
04.   Fields Of Scattered Bones  (04:07)
05.   Prevail In Hell  (02:30)
06.   Suicide Euphoria  (03:14)
07.   The Second Sorrowful Mystery  (04:03)
08.   Mass Cremation  (02:40)
09.   Blood Fog  (04:35)

Durée : 31:45

line up
parution
4 Août 2015

Essayez aussi
Drawn And Quartered
Drawn And Quartered
Feeding Hell's Furnace

2012 - Nuclear Winter
  
Son In Curse
Son In Curse
Trivnviratvm

2017 - Melipulli Records
  
Sepulcher
Sepulcher
Mausoleum Tapestry

2015 - Edged Circle Productions
  
Spheron
Spheron
Ecstasy Of God

2013 - Apostasy Records
  
Goddefied
Goddefied
Inhumation Of Shreds (Complete Recordings 1991-2009) (Compil.)

2014 - Memento Mori
  

Portal
ION
Lire la chronique
Uada
Cult Of A Dying Sun
Lire la chronique
Blood Red Fog
Thanatotic Supremacy
Lire la chronique
Sacred Reich
The American Way
Lire la chronique
Sadistik Forest
Morbid Majesties
Lire la chronique
The Beast of Nod
Vampira: Disciple of Chaos
Lire la chronique
Unearthly Trance
In the Red
Lire la chronique
Wyrms
Altuus Kronhorr - La monarc...
Lire la chronique
Bloody Hammers
The Horrific Case of Bloody...
Lire la chronique
Depravity
Evil Upheaval
Lire la chronique
Fuzzgod
Meet Your Maker (Démo)
Lire la chronique
Into Coffin
The Majestic Supremacy Of C...
Lire la chronique
Sun Of The Sleepless
To the Elements
Lire la chronique
Necros Christos
Domedon Doxomedon
Lire la chronique
Fragments Of Unbecoming
Perdition Portal (Chapter VI)
Lire la chronique
Dio
Holy Diver
Lire la chronique
Sleep + Sofy Major
Lire le live report
MoM Poésique - Regarde les Hommes Tomber
Lire le podcast
Warfuck
This Was Supposed to be Fun
Lire la chronique
Vacivus
Temple Of The Abyss
Lire la chronique
Satan présente GORGOROTH : de modèle à risée générale
Lire le podcast
Revel In Flesh
Relics Of The Deathkult (Co...
Lire la chronique
Stromptha
Odium Vult
Lire la chronique
Monolithe
Nebula Septem
Lire la chronique
Thou
The House Primordial (EP)
Lire la chronique
Lonewolf
Raised On Metal
Lire la chronique
Hot Knives
Static Bloom (EP)
Lire la chronique
MoM Hors-Série : Top 4 Prog
Lire le podcast
Ceremony
Still, Nothing Moves You
Lire la chronique
Dystopy
Womb Of The Abyss (EP)
Lire la chronique