chargement...

haut de page

My

Remontez pour accéder au menu
65 visiteurs ::   » se connecter  » s'enregistrer
Chroniques »

Ceremony - Still, Nothing Moves You

Chronique

Ceremony Still, Nothing Moves You
Peut-être que c'est la même chose pour vous. Depuis que j'écoute régulièrement de la musique, j'ai tendance à quitter les notions de style, artistes, et faire de ma prise de pouls la guide. Quel album sera le plus en accord avec mon esprit du moment, les pensées qui me traversent ? Lequel m'aidera à passer la journée ou lequel me fera apprécier encore plus les émotions que je ressens actuellement ? Je me rends compte que ce sont de plus en plus ces interrogations qui font valeurs de décision, et non les injonctions à la nouveauté ou la connaissance pointue d'un groupe comme cela pouvait être le cas quand je désirais être un « chroniqueur-expert » (quelle idée à la con, quand j'y pense !). La musique non pas comme divertissement ou encyclopédie mais comme accompagnatrice de ma vie, en somme.

En lisant ça, vous voyez sans doute où je veux en venir. Encore un texte en forme de journal intime ! Mes excuses d'avance. Toujours est-il que mon état d'esprit a, pour moi, son importance ici car c'est dans une humeur particulière que j'écoute ce disque. Ce disque qui, sur le papier, se classe dans un genre entre hardcore et powerviolence mais que je mets dans mon classeur personnel à la section « en cas d'urgence ». Un disque qui me suit depuis quelques années et qui revient à mes oreilles toujours en lien avec les mêmes dispositions mentales : impossible de hurler, impossible de pleurer, je n'aime pas parler de moi aux autres, ça me gêne même s'il paraît que ça fait du bien... Alors j'écoute ce disque, qui me paraît parler de tout ça, de quand on se retourne contre sa propre personne, qu'on pense à ces moments de frustrations et qu'on sent qu'ils deviennent ingérables, quand on pense avoir trop déçu et qu'on est déçu de soi, quand on pense qu'on ne peut pas, quand on pense qu'on devrait massacrer quelque chose mais pas les autres car on veut qu'ils nous aiment alors que nous, on n'arrive plus à aimer. Quand on pense ces choses-là.

Peut-être que ce n'est pas la même chose pour vous. On m'a dit qu'il valait mieux oublier ces choses-là, les compartimenter. Que ce n'est pas réel et que ça passe. Mais pour moi ça me semble bien réel et ça ne passe pas toujours aussi rapidement que je le voudrai. Alors j'écoute ce disque, acide, teigneux, névrosé, aux crises de spasme si soudaines et soutenues qu'elles semblent personnifiées les bonds d'une flaque de remords à une autre, une même détresse qui se refuse d'appeler à l'aide. Une musique concrète, dans ses paroles qui mettent des baffes émotionnelles quand elles se prennent à la volée, dans sa production qui tire un trait entre la crudité du punk et l'abrasivité du hardcore le moins enclin aux temps morts, dans sa voix qui exprime, non pas un instrument de rage, d'exutoire, mais, simplement, quelqu'un qui crie, qui ricane de ses états d'âme, une moquerie infligée à soi, comme je me moque de moi.

Bien sûr, on pourra parler des petits succès que contient l’œuvre : sa durée parfaite, tant elle y joue la corde raide sans s'arrêter, sa pochette qui avertit par ses rappels à la cold wave, la rue, une lame de rasoir, au sujet de compositions qui évoquent la nuit même en plein jour, une nuit cérébrale, totale, coupante, ou encore son caractère unique en raison d'un changement de style dans ce qui lui succédera. Mais - ce n'est pas la même chose pour vous -, je vois plus que ça en elle. Je vois moi à un instant précis, mes égotrips, mon cerveau qui m'insulte, mes souvenirs qui me font mal, ma perception qui rend tout douloureux, mon visage, mes murs, les gens, leurs sourires, leurs vies, la mienne, mon sourire... Et le fait que ça ne passe pas, que ce disque (ce putain de disque) ne fait que dire en concentré, sans le voile que je mets d'habitude sur ces sentiments, des choses que je sais déjà, ces choses-là. Qu'il est une impuissance où tout bouge à l'intérieur et pourtant rien ne bouge, comme quand je ris car j'ai la sensation de ne plus comprendre ce qui m'arrive.

C'est assez horrible, par moments. Heureusement, ça passe, ça s'oublie, ça se compartimente, et j'écoute d'autres albums. Mais je sais que je finirai par y retourner, et je sais pourquoi je l'écouterai. Il est là et il sera toujours là, comme ce dont je parle est là et sera toujours là. Ce n'est pas un réconfort pour autant. Mais c'est comme ça.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

7 COMMENTAIRE(S)

FullSail citer
FullSail
09/05/2018 16:28
Oui, je suis surpris aussi d'être passé à côté d'un nom pareil ^^ merci du coup !
Ikea citer
Ikea
09/05/2018 15:32
note: 10/10
FullSail a écrit : Superbe chronique, je ne connaissais pas, je me suis jeté dessus... Et je sens qu'il va tourner pendant un moment.

Ho, je te voyais bien connaître (et adorer). Mais si c'est chose faite maintenant, tant mieux !
FullSail citer
FullSail
09/05/2018 15:06
Superbe chronique, je ne connaissais pas, je me suis jeté dessus... Et je sens qu'il va tourner pendant un moment.
Dysthymie citer
Dysthymie
09/05/2018 10:38
note: 9.5/10
Tuerie cet album !
gulo gulo citer
gulo gulo
08/05/2018 15:14
note: 9/10
Chapeau.
Ikea citer
Ikea
08/05/2018 14:52
note: 10/10
Violence, Violence ? Je l'aime bien aussi, mais il ne me fait clairement pas le même effet que celui-ci !
rekaj citer
rekaj
08/05/2018 14:47
J'ai toujours préféré son aîné, mais il faut avouer que les trois premiers Ceremony, c'est le sans faute.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Ceremony
Powerviolence / Hardcore / Punk
2008 - Bridge Nine Records
notes
Chroniqueur : 10/10
Lecteurs : (2)  9.25/10
Webzines : (2)  7.54/10

plus d'infos sur
Ceremony
Ceremony
Powerviolence / Hardcore / Punk - 2005 - Etats-Unis
  

tracklist
01.   Dead Moon California (Midnight In Solitude) / The Difference Between Looking And Seeing
02.   Eraser Making Its Way Its Only Job
03.   He - God - Has Favored Our Undertakings
04.   A Blight On Mental Health
05.   Plutocratic Swine Rake
06.   Vagrant
07.   Twenty Four Hour Fever Watch
08.   Entropy: No Meaning Is Also An Answer
09.   Carrying Flowers
10.   In Facile
11.   Overcast
12.   Birth. Conspire. Be. Upset
13.   Uneven Pavement
14.   Fading Sounds Of Your Life
15.   Learn / Without

Durée : 21 minutes 36 secondes

line up
parution
5 Août 2008

Gutted
Bleed For Us To Live
Lire la chronique
Trop Hard Pour Toi #3
Electric Shock + Mindless S...
Lire le live report
Black Metal : les noms de groupe (de merde)
Lire le podcast
Slaughterday
Abattoir (EP)
Lire la chronique
At The Gates
To Drink from the Night Itself
Lire la chronique
Spell of Dark
Journey into the Depths of ...
Lire la chronique
Cardiac Arrest
A Parallel Dimension Of Des...
Lire la chronique
The Body
I Have Fought Against It, B...
Lire la chronique
Drudkh / Paysage D'Hiver
Somewhere Sadness Wanders (...
Lire la chronique
Le Canyon - Episode 11 - Monsieur Steele et le bain d'acide.
Lire le podcast
Bloodbark
Bonebranches
Lire la chronique
Utzalu
The Loins Of Repentance
Lire la chronique
Cor Scorpii
Ruin
Lire la chronique
Chevalier
A Call To Arms (EP)
Lire la chronique
Valgrind
Blackest Horizon
Lire la chronique
Ennoven
Redemption
Lire la chronique
Orsak:oslo
Nordstan (EP)
Lire la chronique
Taphos
Come Ethereal Somberness
Lire la chronique
Brouillard
Brouillard
Lire la chronique
Aorlhac pour l'album "L'esprit des Vents"
Lire l'interview
Order Ov Riven Cathedrals
The Discontinuity's Interlude
Lire la chronique
Sakrifiss rencontre Noktu (Mortifera / Celestia / Bleu, blanc Satan...)
Lire l'interview
Wombbath
The Great Desolation
Lire la chronique
Blitzkrieg
Judge Not!
Lire la chronique
Amzera
Amzera (EP)
Lire la chronique
Gontyna Kry
Ignipoten
Lire la chronique
Cult Of Occult
Anti Life
Lire la chronique
Ulver
The Assassination of Julius...
Lire la chronique
Pryapisme
Epic Loon
Lire la chronique
NORTH OF THE WALL 2018
Abyssal + Bismuth + Bölzer ...
Lire le live report