Une pochette signée
Maxime Taccardi, cela attire toujours l’œil du chaland tout en attisant la curiosité. Un groupe italien qui figure sur le catalogue d’un label marocain (
Darkside Records chez qui l’on retrouve notamment
PRIMORDIAL BLACK), cela non plus ce n’est pas commun. Malheureusement, derrière ce logo riche en promesses ignominieuses et une illustration dépressive dans l’esprit (sans surprise) de
Shining, j’attendais un truc vraiment, mais alors vraiment vénère, sombre, torturé à s’en tailler les veines avec une cuillère en bois…
Che errore ! Le trio évolue dans un registre
black death metal classieux, pas précieux mais fortement teinté d’influences techniques notamment dans le jeu d’une basse ronde, très libre, que l’on retrouve habituellement plutôt dans des formations purement
death appréciant le
jazz.
Si je devais établir des comparaisons, la tentation serait forte d’invoquer
BEHEMOTH ou
ROTTING CHRIST, parler de
SEPTICFLESH pourrait également avoir du sens. Ce qui m’amène à ce sentiment de gène, de décalage trop marqué entre les aspects visuels et la réalité musicale de ces neuf compositions, parfaitement exécutées voire originales grâce à l’usage inusité de la basse mais j’ai surtout le sentiment d’être face à un groupe qui se cherche encore une identité. En effet,
The Light of Two Suns (2011) présentait une imagerie SM respirant le
nuclear metal,
The Cult of Ra (2012) marchait sur les terres de
NILE (« The Chapter of Not Letting the Heart of a Man Be Snatched Away from Him in Khert-Neter »),
Order of the Star of Bethlehem (2012), je ne vous fais pas un dessin quant à la thématique,
Isfet (2015) sent l’erreur de parcours tant la photographie est ridicule,
Yersina Pestis traitait donc de la peste (chouette
artwork soit dit en passant), jusqu’à ce dernier effort en date avec son logo remodelé, toujours aussi peu lisible, doublé d’un travail artistique évidemment intéressant mais totalement inadéquat selon moi. Par conséquent, j’ai poussé jusqu’à écouter des pistes de ces productions respectives, ce qui a fini de confirmer mes suppositions. On passe d’un
black ultra radical (et plutôt séduisant) où la boîte à rythmes est pleinement assumée à différentes sortes de
black death tantôt brutales comme un vieux
BELPHEGOR tantôt plus travaillées à l’image de ce que propose la scène grecque. Et même en observant uniquement l’année 2025, quel est le rapport entre ce qu’expose la démo
Yersinia Pestis, rudimentaire et haineuse jusqu’au bout des ongles et cet album éponyme ? C’est un comble que les démonstrations aient plus de gueule, de personnalité et d’allant qu’un LP et c’est encore plus incompréhensible que les choses aient évolué ainsi entre seulement juillet et octobre.
C’est vrai que chaque sortie prise indépendamment fait illusion.
Antiquus Infestus est un bon album au regard des canons actuels en vigueur, il peut jouer sa place en deuxième division mais je suis vraiment trop perturbé par ce manque de cohérence stylistique, aussi bien musicalement que visuellement. J’ai hâte de voir à quoi ressemblera la suite.
1 COMMENTAIRE(S)
24/11/2025 08:41
However, regarding the "Yersinia Pestis" demo, it is necessary to completely read what is written on the bandcamp page of the band.
"Previously unreleased demo – now unveiled for the first time.
A raw, unfiltered document from the earliest days of Antiquus Infestus, Yersinia Pestis captures the band at its most primitive and aggressive."
If you did listen to the other works you mentioned, you would have noticed the song "Let Thy Salts Dry Out and Preserve More Flesh than Bones" appearing on both "Yersinia Pestis" and "The Cult of Ra".
Unfortunately metal archives list it as a 2025 release without minding it is a collection of songs that remained buried in a digital archive on my computer for 14 years.
However, thank you again for taking the time to listen and write a review, very much appreciated.
- Malphas -