« Jusqu’où va-t-on descendre ? abécédaire de la bêtise ambiante ». Pourquoi ai-je repensé à ce livre du très vilain
Alain Soral en prenant connaissance de ce premier EP
Sunset Before Apocalypse des Espagnols de
KREMOUSITY ? À cause du nom ? De la pochette ? C’est un bien mauvais procès que j’intente au groupe d’autant que sa musique est loin d’être aussi stupide que ne le laisse à penser l’emballage disgracieux.
Sans savoir qui sont les membres, j’imagine facilement que l’on a là affaire à de jeunes musiciens. Leur
death metal est trop empreint de modernisme, de réflexes
deathcore pour appartenir à de vieux brigands, de même que la technique de certains riffs renverra aisément à l’école
mathcore. Ce n’est pas si mal alors ! En effet, je me surprends même à accrocher aux phases les plus brutales que mon inconscient a bizarrement envie de rapprocher d’un truc comme
CORPS-SANS-ORGANES ou des Français de
HECTIC PATTERNS mais je pense sincèrement être en plein délire, mon cerveau paresseux tirant des médiations que je suis en peine d’objectivement justifier.
En revanche, à quoi bon glisser systématiquement ce chant clair féminin en plein milieux des compositions ? Autant c’était sympathique (et justifié) chez
HYPNOSIS, autant la mièvrerie de ces interventions fait ici une vilaine tâche sur une nappe de brutalité sinon immaculée. Quel triste gâchis.
De toute façon, trois titres dématérialisés, cela n’engage à rien. Si la formation ne passe pas l’hiver, ce sera sans aucune surprise. Si elle parvient à embrayer sur un deuxième EP, alors ce ne sera déjà pas si mal, tout en gardant à l’esprit qu’il faudra démontrer des choses un peu plus convaincantes qu’un cornet de glace renversé sur des têtes de mort pour susciter l’intérêt. Là, c’est la fin de l’année, j’ai un peu de temps libre devant moi mais ce n’est pas dit que je montrerai la même patience envers
KREMOUSITY en 2026. Je reconnais néanmoins que ces personnes ont fait l’effort de soigner la sonorisation, que le niveau technique est solide et qu’il y a donc un potentiel certain. Cependant, pourquoi rédiger une chronique alors ? Peut-être parce que j’aime bien rendre service, surtout à des Basques.
Et puis je dois admettre qu’ils finissent par être attachants ces jeunes. « Into the Oblivion » colle une bonne patate, c’est le genre de titres que tu pourrais écouter dans ta bagnole le matin en allant bosser ou avant une sérieuse session de surf / skate / bodyboard. Il y a une bonne accroche, un côté rafraichissant, une spontanéité qui donne le sourire en dépit de la virulence globale du propos. En revanche il faut vraiment, mais alors vraiment, arrêter le chant clair féminin. Certes cela apporte un peu de personnalité (et encore) aux compositions mais si ce genre d’ambivalence vocale fonctionnait bien dans le
doom death des années 90 ou dans des projets tordus tel que
PIN-UP WENT DOWN là cela fait juste glisser la bande sur une piste
college rock peu seyante, en dépit de leur justesse et d’un accent correct. Mais je ne suis sans doute pas la cible recherchée par ce gros cône crémeux qui pourrait enflammer les bars locaux et les culottes de diabétiques.
Par Keyser
Par Jean-Clint
Par Ikea
Par gulo gulo
Par gulo gulo
Par Bras Cassé
Par Keyser
Par Krokodil
Par Niktareum
Par Jean-Clint
Par gulo gulo
Par Ludwiglio
Par Jean-Clint
Par AxGxB
Par Hölm
Par Keyser