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Cephalic Carnage - Anomalies

Chronique

Cephalic Carnage Anomalies
Cela me cause beaucoup de peine que de voir les Américains si mal notés sur ce site, aussi est-ce que j’espère que mon infime participation via la chronique du magnifique Anomalies contribuera à redorer le blason aujourd’hui légèrement terni d’une formation qui a pourtant marqué profondément de son empreinte la scène grindcore au sens très large du terme, ce disque étant finalement davantage destiné aux amateurs de death metal technique ou de mathcore qu’autre chose. Cela dit, comme beaucoup, j’ai tendance à considérer ce quatrième LP comme l’aboutissement de l’approche qu’a CEPHALIC CARNAGE de la musique extrême depuis ses débuts, toujours polyforme, systématiquement exigeante, parfois exagérément technique, évidemment bizarre et pourtant abordable par à peu près toutes les oreilles normalement constituées.

Ainsi, ces douze compositions sont à la brutalité ce que la Samaritaine est aux grands magasins : death, grind, hardcore, mathcore, stoner, sludge, même heavy lors de « Dying Will Be the Death of Me », rien n’échappe à la vigilance du quintette dès lors qu’il s’agit de délivrer une douleur mêlée de plaisir, de malmener les cervicales, car rester inerte ici relèvera de l’impossible. Bien sûr, « Piecemaker » fait office d’éléphant au milieu de la pièce tant cette piste pulse comme un BIOHAZARD des grands soirs, du niveau d’un State of the World Address, pour moi ce titre a le même impact neuronal qu’un « What Makes Us Tick ». Lorsqu’il se lance, la seule envie est de se ruer tête baissée dans un pit, même avec un physique de gringalet.

Cependant, réduire l’album à sa composition la plus fédératrice serait trop réducteur car qui y a-t-il de commun entre les délires à la THE DILLINGER ESCAPE PLAN d’« Inside Is Out » ou « Wraith », la furie grind death de « Scientific Remote Viewing » et le sludge fumé de « Kill for Weed » ? Que dire des près de dix minutes de l’expérimental « Ontogeny of Behavior » qui semble brasser tout ce que l’on a pu entendre avant dans le chaudron magique de Taram ? Rien, et en même temps tout. Parce qu’alors que les Américains donnent l’impression de s’éparpiller, de ne plus savoir à quel saint se vouer, aussi différentes que soient les compositions elles ont pourtant systématiquement un point commun : la griffe unique du carnage, le génie de compositeurs au sommet de leur art (moi aussi j’ai moins apprécié Xenosapien puis Misled by Certainty).

C’est sûr, il n’y a plus ici de bêtes étranges façon « Fortuitous Oddity » et même si Lucid Interval était un LP hors-norme, l’écart qui le sépare d’Anomalies est juste phénoménal, à la limite du compréhensible. Les musiciens semblent avoir revu de fond en comble leur conception de la musique, certes en conservant leur identité mais en n’ayant pas non plus peur de s’aliéner les fans de la première heure, ceux d’Exploiting Dysfunction puisqu’il y en a. À la différence des sorties précédentes Anomalies semble faire l’unanimité en réconciliant toutes les chapelles (of Ghouls) metal et core au sein d’un même album œcuménique qui, vingt ans plus tard, n’a pas pris une seule ride. C’est sans doute à cela que l’on reconnaît les grands disques, dans leur capacité à traverser les époques tout en restant d’actualité, je ne me lasserai jamais d’un « Counting the Days » avec son roulement de batterie introductif, je ne serai jamais rassasié du duo vocal proposé par Leonard et Jawsh et je resterai éternellement heureux d’avoir pu les voir en 2022 au Netherlands Deathfest.

En définitive, j’ai le sentiment de ne pas avoir dit grand-chose d’un point de vue analytique sur cette douzaine de morceaux. Mais c’est peut-être justement parce qu’ils me semblent aller au-delà de l’appréciation d’un genre pour se positionner au niveau d’une performance artistique, du ressenti subjectif, tant le nombre de registres adressés peut être à la fois un obstacle à la dégustation du LP et une porte ouverte à la découverte de nouveaux langages. Pour moi, en 2005, ce fut une révélation et aujourd’hui encore l’un de mes disques de chevet.

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Cephalic Carnage
Death Grind Metal Expérimental
2005 - Relapse Records
notes
Chroniqueur : 9/10
Lecteurs : (3)  7.83/10
Webzines : (4)  8.88/10

plus d'infos sur
Cephalic Carnage
Cephalic Carnage
Rocky mountain hydro grind - 1992 - Etats-Unis
  

formats
tracklist
01.   Scientific Remote Viewing  (02:18)
02.   Wraith  (02:50)
03.   Counting the Days  (03:54)
04.   The Will or the Way  (02:10)
05.   Piecemaker  (05:35)
06.   Enviovore  (03:01)
07.   Dying Will Be the Death of Me  (04:41)
08.   Inside Is Out  (03:54)
09.   Sleeprace  (02:45)
10.   Kill for Weed  (02:17)
11.   Litany of Failure  (02:25)
12.   Ontogeny of Behavior  (09:49)

Durée : 45:39

line up
parution
15 Mars 2005

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