chargement...

haut de page

My

Remontez pour accéder au menu
487 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

The Body - All The Waters Of The Earth Turn To Blood

Chronique

The Body All The Waters Of The Earth Turn To Blood
Celles et ceux connaissant l’œuvre de The Body et ayant vu les chroniques de ce site la concernant doivent être étonnés de ne trouver celle de All the Waters of the Earth Turn to Blood que maintenant. Ce n’est pas faute d’avoir souhaité depuis longtemps la faire figurer ici ; le désir était là très tôt, bien avant mon texte de No One Deserves Happiness qui a marqué mon fanatisme envers la formation, suivant la moindre de ses sorties et projets parallèles malgré des à-côtés, collaborations, détours nombreux (et à l’intérêt fluctuant).

L’envie ne manquait pas ; la sensation d‘être à la hauteur, par contre… Imaginez, revenir à All the Waters of the Earth Turn to Blood, soit la source de The Body, projet qui, si on me le demande, est sans doute le plus marquant de ces quinze dernières années, ovni et définition d’un avant-gardisme metal actuel à la fois (on pourrait faire une liste des groupes qui s’en approchent et l’ont suivi, des groupes originaux dont il paraît être un parent). La tentation est forte de chercher à « expliquer », de découper ce qui est ici matière déjà raffinée, à haut niveau de toxicité, un air qui donne le vertige et empoisonne, et qui sera minerai brut sur les nombreux successeurs qu’il aura engendrés après avoir figuré la destruction. Paparazzi de pacotille façon « 50 minutes inside avec The Body » – l’album en dure dix secondes de moins !

Il n’y a rien à dévoiler, encore moins à définir. The Body a été clair dès le départ avec son premier album qui faisait de Neurosis et Godflesh ses références premières : le machin est du metal joué par des anarcho-punks, Crass dans l’esprit et crasseux dans le rendu, terrorisme sonore qui aimerait être un peu plus que ça (en attendant, il prend la pose avec des fusils en montagne). Limpide… ce qui ne le rend pas moins unique et nécessaire. Son plus grand succès – bon sang, je vais vraiment finir par parler comme un présentateur télé ! – est d’avoir réinstauré cette musique extrême, bruitiste, agressive, radicale, comme la musique sacrée qu’elle a toujours été.

Demandez aux Swans, à Neurosis, à Godflesh, si ce qu’ils jouent n’est pas un tant soit peu religieux… The Body l’est tout autant, sinon plus, avec ses voix ulcérées, hystériques d’émerveillement plus que de mort, ses harmonies créées par The Assembly of Light Choir (dont on trouve la première collaboration sur « Abody »), sa lancinance qui vire à la transe (« Song Of Sarin, The Brave »)… Ils ont invité ici plein de copains, comme ce sera de coutume par la suite, mais l’histoire paraît écrite des mains de Chip King et Lee Buford de bout en bout, collectif mené par deux gars même pas tyrans, juste extraordinairement doués et « avec une vision » (…).

Cette vision justement, reste aujourd’hui le décor au sein duquel j’écoute les autres albums de The Body, plus fouillés que celui-ci, plus intimes parfois, plus négatifs même, plus beaux… mais jamais plus mythologiques, plus prophétiques. All the Waters of the Earth Turn to Blood a une ambiance de révélation au sein de la destruction, avec ses explosions constantes (« Lathspell I Name You »), ses voix qui ne sont pas encore tout à fait l’excès noise qu’elles seront plus tard. On tâtonne mais on a tout ce qu’il faut, potentiel déjà réalisé sur l’essentiel.

Plus que sur son album éponyme, The Body a sur All the Waters of the Earth Turn to Blood des airs de naissance, avec ce que cela suggère de beauté première, brute et éclatante. Celles et ceux qui ont déjà vécu au premier rang ce genre d’évènement savent que cela ne veut pas dire absence de douleurs, de sang, de tripes à l’air et d’hurlements qui appellent la fin. Elles et ils savent même que cela fait partie de la grâce du moment, petite chose qui arrive au milieu du chaos, appelée à grandir mais en l’état parfaite pour nous. Inutile de dire plus longtemps pourquoi il est, dans cette discographie majeure pour toute une partie de la scène, celui que je mets au-dessus des autres.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
The Body
Industrial Drone / Sludge / Noise
2010 - At A Loss Recordings
notes
Chroniqueur : 10/10
Lecteurs : (1)  8.5/10
Webzines : (2)  7.75/10

plus d'infos sur
The Body
The Body
Industrial / Noise - 1999 - Etats-Unis
  

tracklist
01.   Abody  (09:56)
02.   A Curse  (04:31)
03.   Empty Hearth  (04:21)
04.   Even The Saints Knew Their Hour Of Failure And Loss  (05:48)
05.   Song Of Sarin, The Brave  (08:12)
06.   Ruiner  (03:06)
07.   Lathspell I Name You  (13:50)

Durée : 49:50

line up
parution
3 Mai 2010

Ragana
Desolation's Flower
Lire la chronique
Haprefleur
Forêt Pluviale (Compil.)
Lire la chronique
Forced Entry
Uncertain Future
Lire la chronique
Horrid Mass
Nauseating Ecstatic Degener...
Lire la chronique
Quicksand
Bring On The Psychics
Lire la chronique
Excrementory Grindfuckers
Jetz is auch egal
Lire la chronique
Gangrenated
Demise Profanation (EP)
Lire la chronique
Mendacium Tour
Evoken + TodoMal
Lire le live report
Mouflon
Eros & Thanatos
Lire la chronique
Eternal Champion
Friend Of War (EP)
Lire la chronique
Nordlys
Lichterglanz Finsternis
Lire la chronique
Inferno
The Anthropic Sophisms (On ...
Lire la chronique
Spectre
A Procession of the Dead
Lire la chronique
Jesuit
Discography (Compil.)
Lire la chronique
Angurvadal
Winds Of Jötunheimr
Lire la chronique
Forsmán
Brenndar Rústir & Fuðrandi ...
Lire la chronique
Revelation
Salvation's Answer
Lire la chronique
Vague à Lame
Par-delà l'horizon
Lire la chronique
Kyuss
Muchas Gracias - The Best O...
Lire la chronique
Haserot
Advent Of Suffering
Lire la chronique
Incubus
Incubus (Démo)
Lire la chronique
Finsterforst
Still
Lire la chronique
Parallel Minds
Cairn
Lire la chronique
Grind Crust Massacre
Pendrak + Ovearth + Skunk
Lire le live report
Kronos
Colossal Titan Strife
Lire la chronique
La photo mystère du 1 Août 2026
Jouer à la Photo mystère
Warning
Rituals of Shame
Lire la chronique
Rapture In Blood
Gods Of Perversion
Lire la chronique
Astriferous
Atavistic Unraveling
Lire la chronique
One Day In Pain
Devouring The Gods
Lire la chronique