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Bitter Branches - Let's Give The Land Back To The Animals

Chronique

Bitter Branches Let's Give The Land Back To The Animals
Comme cela m’arrive parfois (oui, bon, plus souvent que je ne le voudrais m’enfin soyez un peu indulgents quand même), c’est un peu tard que je viens vous parler de Bitter Branches, groupe américain originaire de Philadelphie qui depuis 2020 fait pourtant de l’excellent travail pour quiconque apprécie la nervosité et la tension faites musique. D’autant que derrière ce groupe encore jeune on ne trouve que des vétérans particulièrement brillants et expérimentés de la scène Punk / Hardcore. Jugez plutôt : Tim Singer (Deadguy, ex-Kiss It Goodbye...) au chant, Matt Ryan (ex-Cavalry...) et Kevin Sommerville (ex-Lighten’ Up...) aux guitares, Dan Yemin (Paint It Black, ex-Lifetime, ex-Kid Dyamite...) à la basse et enfin Jeff Tirabassi (ex-Walleye...) à la batterie. De quoi susciter un sourcil froncé et au moins une oreille attentive de la part de certains quarantenaires aux vies désormais bien rangées et ordonnées.

Après un EP (This May Hurt A Bit, 2020), un single qui aura vu le groupe rejoindre les rangs d’Equal Vision Records (Along Came A Bastard b/w Fraudulent, 2021) et un premier album (Your Neighbors Are Failures, 2022) tous plus recommandables les uns les autres, Bitter Branches vient de sortir il y a quelques semaines un deuxième album intitulé Let’s Give The Land Back To The Animals sous les couleurs une fois encore du célèbre label de l’état de New York. Dix titres, trente-trois minutes et la promesse d’un Hardcore nerveux et tendu des plus savoureux pour tous ceux qui bavent ou on pu baver un jour à l’écoute de groupes tels que Deadguy, Dazzling Killmen, Kiss It Goodbye, Rorschach, The Jesus Lizard, Unsane, Chat Pile, Cherubs et bien d’autres encore...

Car comme tous ces groupes sexy balancés à la va-comme-je-te-pousse dans le seul but d’attirer le chaland, Bitter Branches mène sa danse au son d’une section rythmique particulièrement conquérante et implacable. Soutenues par une production tout aussi redoutable que l’on doit à J. Robbins, autre vétéran de la scène indépendante américaine (Jawbox, Sleepytime Trio, Bluetip, Burning Airlines, Joshua, Engine Down, Jets To Brazil...), basse et batterie vont venir poser sur chaque titre de ce nouvel album ces fondations extrêmement solides et pourtant chaloupées sur lesquelles vont venir se poser et même briller les guitares de Matt Ryan et Kevin Sommerville ainsi que le chant du bien nommé Tim Singer. Base incontestable de la musique Noise, ce duo basse / batterie ne sort peut-être pas spécialement des sentiers battus mais merde, entre ces plans de tam-tam nerveux et syncopés et cette basse saturée qui à chaque note et à chaque vibration vous retourne les tripes (mentions spéciales à "High Street" et "7-11" qui à chaque fois me donnent envie de gigoter sur mon siège même si les autres titres sont évidemment bien loin d’être en reste) difficile de ne pas succomber à ces charmes peut-être déjà entendus mille fois ailleurs mais néanmoins toujours aussi redoutables lorsqu’ils sont exécutés avec autant de naturel et de talent... Nan, franchement, ça défonce de bout en bout.

Surtout, comme évoqué plus haut, cette section rythmique n’est bien évidemment pas la seule à tirer son épingle du jeu ici. En effet, même si ces dernières peuvent sembler un poil plus en retrait et moins flamboyantes que ce duo basse / batterie habilement mis en avant, les deux guitares de Matt Ryan et Kevin Sommerville nous servent sans rougir ni faiblir d’excellents riffs tour à tour tendus, sinueux, mélodiques, chaotiques et parfois dissonants (ces nombreux larsens laissés volontairement sifflants ici et là) pour un résultat à la fois nerveux, incisif voire insaisissable. Des guitares qui, épaulées par cette fameuse section rythmique, font mouche sans jamais forcer et cela à chaque nouvelle écoute depuis que je m’y frotte avec évidemment beaucoup de plaisir... Là encore, rien de bien nouveau dans ce que nous offre Bitter Branches pendant ces trente-trois minutes rondement menées mais ce riffing qui navigue à sa guise entre Hardcore, Post-Hardcore, Punk et Noise (un peu de Deadguy et de Kiss It Goodbye par ici, une pointe de Unsane et de Helmet par-là, un soupçon de Korn / Chat Pile au détour d’un excellent "Fine Powder" ou bien une pincée de The Jesus Lizard sur les quelques titres les plus Rock comme par exemple sur "Posture Contest", "Everything Must Go" et "Here Comes The Chisel" n’a là encore aucun mal à séduire et convaincre. Ajoutez à tout cela le chant tendu, écorché et versatile d’un Tim Singer aux paroles toujours aussi incisives ("Entertain me. Sustain me. Feed me, all the time. Turn off your brain. It will be just fine. Give me convenience. Give me decadence. Give me deities. Tell me I'm going to heaven. I'll be just fine.") et vous voilà avec entre les oreilles l’un des meilleurs albums du genre sorti cette année (même si certains, probablement moins téméraires que moi, diront qu’avec un album paru fin mars je m’avance peut-être un peu...).

Fidèles à certains standards d’excellence, les Américains ne font ici que récidiver avec l’art et la manière. Pas de réelle surprise donc à l’écoute de ces dix nouveaux morceaux mais la preuve, s’il le fallait encore, que nos vétérans peuvent tenir la dragée haute à n’importe quel groupe de jeunes freluquets qui voudrait marcher sur ses plates-bandes. Voilà, je n’ai rien à en dire de plus si ce n’est que les amateurs de tous ces groupes mentionnés plus haut devraient normalement trouver dans ces trente-trois minutes de quoi se régaler et au passage raviver quelques vieux souvenirs d’une scène (celle des années 90) alors particulièrement vivace et florissante. Bref, un album à écouter pour tous les fondus de Noise mâtiné de Hardcore et de Post-Hardcore.

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1 COMMENTAIRE(S)

Ikea citer
Ikea
14/04/2026 10:43
note: 8/10
Très chouette en effet, merci encore pour la découverte ! Le côté plus Post Hardcore de Bitter Branches lui apporte un truc différent du retour de Deadguy, plus relâché bien que toujours tendu. Et puis Tim Singer est vraiment un super chanteur de la névrose.

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Bitter Branches
Noise / Hardcore
2026 - Equal Vision Records
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs : (1)  8/10
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Bitter Branches
Bitter Branches
Noise / Hardcore - Etats-Unis
  

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Bitter Branches

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tracklist
01.   Rat Poison  (02:30)
02.   Cave Dwellers  (03:01)
03.   Pity Party  (02:26)
04.   Basic Karate  (02:52)
05.   Posture Contest  (03:31)
06.   Everything Must Go  (03:58)
07.   High Street  (02:24)
08.   7-11  (03:19)
09.   Fine Powder  (04:00)
10.   Here Comes The Chisel  (05:20)

Durée : 33:21

line up
parution
6 Mars 2026

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