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Corrosion Of Conformity - Good God / Baad Man

Chronique

Corrosion Of Conformity Good God / Baad Man
Lorsqu’on évoque CORROSION OF CONFORMITY au détour d’une conversation innocente, c’est souvent avec un brin de déférence dans la voix, le respect dû au rang de quasi intouchable des Américains qui, depuis les années 80, ont tellement contribué à l’essor du southern metal ainsi qu’au développement d’une conscience politique au sein de la jeunesse. Chacun se souviendra du clip « Vote with a Bullet » sur l’album Blind de 1991, vidéo que je pense (sans doute à tort) avoir vu à l’époque dans Metal Express ou Best of Trash… Quant à moi, « pauvre con » comme m’appelait encore hier soir mon ami Coco, je n’ai jamais vraiment su accrocher au registre proposé. J’ai toujours trouvé à la formation un goût de cul entre deux chaises, mi-hardcore, mi-grunge avant l’heure, avec en plus une dimension militante qui ne m’intéresse pas, cependant davantage que d’autres qui répétaient ad nauseam qu’ils ne feraient pas ce qu’on leur demande. Je restais donc toujours en retrait, ne parvenant finalement pas à comprendre pourquoi tout le monde semblait vouer une espèce de culte, prenant des pincettes pour exprimer une infime critique négative. Peut-être grâce à l’effet DOWN ? Ce serait dommage compte tenu du fait que les albums clés des années 90 sont sortis avant ou quasiment en même temps que NOLA : Blind (1991), Deliverance (1994), Wiseblood (1996), sans compter Eye for an Eye (1984) puis Animosity (1985) qui ont eux aussi marqué durablement leur époque, avec la manière.

Good God / Baad Man est donc le onzième LP de la formation après un No Cross No Crown remontant tout de même à 2018. Par conséquent, sans parler de résurrection, nous devions être nombreux à penser le groupe disparu, mangé aux mites. Il n’en est rien. Un mot sur la pochette ? Elle est class n’est-il pas ? Un petit côté MASTODON peut-être… Bon, est-ce que l’album contribue à me faire revoir mon jugement initial ? En aucun cas. J’ai beau reconnaître toutes les qualités du monde à ces quatorze compositions (plus d’une heure, c’est trop long les gars), je ne me fais toujours pas au style de C.O.C. qui pioche dans une espèce de revival thrash (« Gimme Some Moor ») autant qu’il lorgne sur le ROLLINS BAND (« Run for Your Life ») voire la funk d’un RED HOT CHILI PEPPERS en forme (« Baad Man »), les vraies poussées de fièvre paludique étant rares au milieu de morceaux privilégiant le groove, les atmosphères cool, même si la paire soudée Weatherman / Keenan régale en termes de leads gorgés de feeling et de riffs qui réchauffent les cœurs et les corps.

Il reste que je trouve l’album trop étiré, trop typiquement américain également (« Handcuff County »), bourré de compositions secondaires uniquement agréables par leur swing caractéristique mais qui, même d’un point de vue purement rock ‘n’ roll, sonnent de façon mollassonne (« Swallowing the Anchor »), toute la dernière partie du disque ressemblant davantage à des faces B qu’à de futurs classiques. Ennuyeux ? Oui, c’est certainement le mot que je cherche, quitte à me faire détester. Déficit de pêche, absence de tonus, nous sommes vraiment sur un LP 100% ricain, davantage héritage culturel qu’universaliste (« Brickman »), moi le genre country ça m’a toujours emmerdé car ce n’est pas mon environnement naturel, ça ne me parle pas. Bref, je fais énormément d’efforts pour trouver de l’intérêt à Good God / Baad Man sur la distance mais autant l’ouverture est sympathique, autant le reste respire le désœuvrement du serveur face à un bar vide et ce même si C.O.C. choisit de clore avec une piste burnée (« Forever Amplified ») ressemblant d’ailleurs énormément à SOUNDGARDEN et dont le nom se trouve à l’opposé de ce qui a été proposé tout du long.

Finalement, je campe sur mes positions. À force de ne pas trancher, en voulant à tout prix jouer de tout, le quatuor s’embourbe dans une musique où l’on cherche le metal, le stoner, le hardcore, craignant finalement que le prochain DOWN ne souffre exactement des mêmes tares.

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4 COMMENTAIRE(S)

Hölm citer
Hölm
14/05/2026 13:02
note: 9/10
@Sosthene : En tous cas ta chronique est intéressante, même si tu n'as pas l'air d'avoir apprécié l'album. C'est pas grave parce que c'est toujours bien d'avoir un avis différent mais argumenté.

Ce que tu lui "reproches" est pour moi ce qui fait sa force. Et c'est ok comme ça.
Sosthène citer
Sosthène
14/05/2026 11:27
note: 7/10
Oui, c est d ailleurs ton commentaire qui m a donné envie de découvrir l album ! ☺️
Hölm citer
Hölm
14/05/2026 09:11
note: 9/10
Grosse flemme je reprends mon commentaire posté sur le forum :

"Sa longueur ne m'a jamais posé de problème. Au contraire. Je me fais prendre par la main et je trouve que cet album m'emmène là où il voulait m'emmener. Et finalement le temps passe assez vite à l'écoute de ce disque. J'ai plus de mal avec le précédent que je trouve vraiment interminable (même si très qualitatif aussi)"

J'ajoute que c'est un album plutôt varié dans ses ambiances mais en même temps très cohérent. Personnellement c'est un gros coup de coeur, et les petits relents hardcore qui reviennent à la surface ne sont pas pour me déplaire.

On en parle de la section rythmique atomique avec Stanton Moore aux fûts et Bobby Landgraff à la basse ? Rarement entendu un tel groove chez COC...
gulo gulo citer
gulo gulo
14/05/2026 08:24
Ce que tu dis me donne à imaginer un album proche de In the Arms of God, qui à mes yeux est le seul nécessaire d'eux - et un grand disque. Je vais donc vérifier ça, merci Clin d'oeil

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Corrosion Of Conformity
Southern Rock Metal
2026 - Nuclear Blast Records
notes
Chroniqueur : 7/10
Lecteurs : (1)  9/10
Webzines : (1)  6.43/10

plus d'infos sur
Corrosion Of Conformity
Corrosion Of Conformity
Stoner Rock - 1982 - Etats-Unis
  

formats
tracklist
01.   Good God? / Final Dawn  (04:09)
02.   You Or Me  (05:36)
03.   Gimme Some Moore  (04:00)
04.   The Handler  (05:13)
05.   Bedouin's Hand  (03:21)
06.   Run For Your Life  (09:12)
07.   Baad Man  (04:24)
08.   Lose Yourself  (03:30)
09.   Mandra Sonos  (01:17)
10.   Asleep On The Killing Floor  (04:08)
11.   Handcuff County  (05:43)
12.   Swallowing The Anchor  (06:22)
13.   Brickman  (03:21)
14.   Forever Amplified  (06:38)

Durée : 66:54

line up
parution
3 Avril 2026

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