Nirriti - Dhrupad Anutpada (ধ্রুপদ অনুৎপাদ): Apophatic Ragas of Non-Origination
Chronique
Nirriti Dhrupad Anutpada (ধ্রুপদ অনুৎপাদ): Apophatic Ragas of Non-Origination
Est-ce que tu as déjà niqué ta mère ? Jamais ? Même pas un petit coup comme ça, dans le couloir ? Ou à la limite après sa mort ? Non ? Eh bien, bonne nouvelle : voici une alternative. Voici un groupe tout aussi sale, écœurant, dépravé, choquant, mais aussi étrangement jouissif. Voici NIRRITI !
NIRRITI, c’est un groupe difficile à situer géographiquement : le chanteur est indien, le batteur canadien, et le guitariste / bassiste est… eh bien, on ne sait pas. En revanche, sur le plan thématique, c’est limpide : nous sommes en Inde. Regarde le titre de ce premier album : Dhrupad Anutpada (ধ্রুপদ অনুৎপাদ): Apophatic Ragas of Non-Origination. On remarque d’emblée qu’une partie du titre est écrite en alphabet bengali. On y lit donc « Dhrupad Anutpada » : le premier terme renvoie à une forme très ancienne de musique classique hindoustanie, associée à une approche méditative, austère et sacrée ; le second désigne un concept philosophique bouddhique de « non-origination », c’est-à-dire l’idée que les phénomènes ne naissent pas véritablement de façon autonome.
La suite du titre enfonce le clou. « Apophatic » est un terme mystique qui désigne une approche du divin par la négation et le silence, tandis que les « ragas » renvoient à un système mélodique indien. Les six compositions affichent des intitulés du même acabit, ce qui confirme qu’on a affaire à un album puisant à la fois dans la philosophie indienne et bouddhique, dans la musique classique indienne et dans un imaginaire mystique ultra-baroque.
Mais au fond, si l’on se concentre sur la musique, c’est surtout un gros niquage de mère. Le label donnait déjà un indice : il s’agit d’Iron Bonehead, qui ne fait jamais dans la dentelle. La maison aime ce qui est raw, ce qui est cru, ce qui pue à des kilomètres : BLACK CILICE, MOONBLOOD, AMNUTSEBA, entre autres. Et NIRRITI, c’est exactement ça. Le groupe invoque l’enfer sur terre à travers une musique primitive, caverneuse et impitoyable, chaotique mais parfaitement maîtrisée. Surtout, il est porté par des vocaux ultra-amplifiés, noyés en permanence dans la reverb et les échos. Ce sont des grognements inhumains, ininterrompus, qui grillent instantanément le cerveau de quiconque les entend. Une seule comparaison suffit pour comprendre de quoi il retourne : BLUE HUMMINGBIRD ON THE LEFT. Le résultat est exactement le même que sur leur premier album de 2019, Atl Tlachinolli, qui était d’ailleurs lui aussi sorti chez Iron Bonehead.
La différence, c’est que ce précédent disque puisait dans le folklore mésoaméricain et dans la figure du dieu Huitzilopochtli. Indien, mexicain… au fond, ce sont les mêmes armes et le même combat.
NIRRITI, c’est donc 44 minutes qui te grillent le cerveau et t’évitent d’avoir à contacter ta mère. D’ailleurs, on la retrouve sur la pochette : nue, elle te fait un petit coucou, assise sur un cygne… Il faut reconnaître qu’elle est quand même bien aguicheuse, ta mère...
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3 COMMENTAIRE(S)
citer | Pareil ! Merci pour la découverte !
Une préférence pour l'opus précédent pour sa prod un tout petit peu plus compréhensible même si ça tiens à pas grand chose. |
citer | Sosthène a écrit : Un style surprenant... J'aurais apprécié une meilleure production sur les guitares parce que ça tricotte un peu et c'est hélas un peu trop noyé derrière le chant, pour le reste c'est du bizarre.
J'aime beaucoup leur chaos et justement le tricot sur cet album. Bourrin, mais pas non plus n'importe quoi, n'importe comment. |
citer | Un style surprenant... J'aurais apprécié une meilleure production sur les guitares parce que ça tricotte un peu et c'est hélas un peu trop noyé derrière le chant, pour le reste c'est du bizarre. Merci pour la découverte donc ! Je me coucherais un peu moins con ce soir, ce n'était pourtant pas gagné... |
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3 COMMENTAIRE(S)
06/07/2026 09:37
Une préférence pour l'opus précédent pour sa prod un tout petit peu plus compréhensible même si ça tiens à pas grand chose.
04/07/2026 01:41
J'aime beaucoup leur chaos et justement le tricot sur cet album. Bourrin, mais pas non plus n'importe quoi, n'importe comment.
03/07/2026 16:56