chargement...

haut de page

My

Remontez pour accéder au menu
52 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Kickback - No Surrender

Chronique

Kickback No Surrender
Le simple nom de Kickback évoque déjà beaucoup de choses chez la plupart d'entre nous. Une attitude volontairement provocatrice, des prestations scéniques surchauffées (remember Hellfest 2007), des albums relevant de la fessée sonore... la démarche artistique du groupe pourrait être résumée par un gros majeur pointé à la face du monde. Dès lors tout est assez simple: Kickback on aime ou on déteste. Personnellement j'adore. Ayant grandi au doux son de « Cornered », album somme toute classique dans le fond mais d'une efficacité à faire pâlir Michael Jackson, il va sans dire que j'attendais avec impatience ce nouvel album, dix ans après « Les 150 Passions Meurtrières » qui avait bien remué le couteau dans la plaie.

Je laisserai volontairement de côté tout l'aspect "sulfureux", "controversé" se rattachant au groupe pour me concentrer uniquement sur la musique, ou disons plutôt l'objet artistique que représente « No Surrender ». Car depuis les débuts déjà les parisiens ont toujours autant soigné l'image que le son (on connaît leur penchant pour le septième art [Gaspard Noé et le cinéma asiatique en tête] et la photo notamment [Antoine D'Agata par exemple, dont une citation clôture le livret]), et l'on retrouve ici les thèmes classiques du combo: le nihilisme, la drogue, les putes... la vie quoi! Tout ce qui fait qu'on se croirait, à l'écoute de cet opus, dans une petite ruelle des faubourgs de Bangkok, éclairé par un néon clignotant sur le déclin, la bite molle et encore rougie par une bonne pipe pratiquée par une jeune asiatique d' officiellement 18 ans et attendant fébrilement qu'un dealer nous ramène quelques grammes de coke. Oui « No Surrender » c'est à peu près ça. Il serait un doux euphémisme de dire que cet album est le plus malsain, sombre, glauque et haineux du groupe, il l'est même bien plus qu'un tas d'autres albums le revendiquant, mais là n'est pas le propos. Il se dégage de ces onze titres à la fois un malaise palpable, un dégoût de toute chose, le tout dans une atmosphère pourtant chaude et humide, aidée en cela par l'artwork mêlant tous ces aspects (artwork double, deux pochettes et deux livret étant disponibles; l'une inspirée du film de Gaspard Noé « Seul contre tous » dont on retrouve une nouvelle fois un extrait, l'autre surnommée "machette"). La production beaucoup plus organique que par le passé rajoute encore à cela et donne un côté très live à « No Surrender ». Bref la bande à Stephen Bessac a de nouveau peaufiné l'emballage autant que le contenu. Intéressons-nous y donc au contenu.

Inutile de dire que le recrutement de Damien (aka Toxik H., Diapsiquir, Arkhon Infaustus) suite au départ d' Irvin Oziel a considérablement changé la donne pour Kickback. Le bonhomme, en arrivage de la scène black et ayant très peu d'attache hardcore, a bien évidemment injecté au combo et à sa musique une partie de son bagage et de sa culture métallique. En tout cas on imagine aisément que c'était le genre de personne qui convenait à merveille au groupe. Je vais être franc, sur le plan strictement musical je garderai toujours une préférence pour les deux brûlots hardcore que sont « Cornered » et « Forever War », avec lesquels ce « No Surrender » ne conserve finalement qu'assez peu de similitudes. On est assez loin ici du hardcore-métal plutôt classique des débuts, la musique de Kickback a désormais mué, tout en gardant bien sûr des fondations affiliées au style des débuts (« Deathlust », « The low of the self », « If I die tonight », « Unholy triumph »), vers quelque chose de plus sombre, ficelé de riffs alambiqués et tortueux alliant arpèges, dissonances et tremoli, une musique beaucoup moins carrée, plus surprenante, mouvante ( « Aging disgracefully », « Still on the prowl », « Sideshow », « Warpath ») lorgnant maintenant plus vers un Catharsis que vers All Out War. Harmonie parfaite entre le son et l'image. Reste que jusqu'ici Kickback c'était comme un gros coup de poing américain en pleine face, direct et sans concession. « No Surrender » quant à lui viendra vous prendre à la gorge pour resserrer gentiment et insidieusement son étreinte fatale. Et même si ce baiser mortel recèle bien des moments d'anthologie, il me manquera toujours ce côté in your face qui faisait de Kickback l'un des tout meilleur groupe de hardcore, capable de pondre des titres éveillant en moi des pulsions violentes insoupçonnées (les débuts de « Heaven and hell » ou « Ruining the show » me donnant inévitablement envie d'égorger la première personne que je croise). Parfois taxé d'ambiances à la Arkhon Infaustus, même si je n'irais pas jusque là, il est vrai que les titres dégagent une atmosphère désormais plus malsaine encore, une même violence sous une forme différente. La voix de Stephen, peut-être encore plus éraillée qu'auparavant, viendra ponctuer merveilleusement ce déluge de mauvais sentiments. Et malgré tout, ça fait toujours très mal! Mais on en redemande.

S'il y a bien une chose qui est sûre en tout cas, c'est que nos parisiens ne sont pas prêts avec ce nouvel opus d'arrêter d'alimenter les débats stériles et autres discussions de cour de récré envenimées autour de l'attitude ou pour savoir si Kickback c'est plus ou moins malsain que le black metal. Mais qu'est-ce qu'on en a à battre? Kickback on aime ou on déteste. Et même si je trouve ce dernier glaviot un peu en dessous du reste, je persiste et signe: moi j'adore. De toute façon this is for them, this is not for us.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

8 COMMENTAIRE(S)

Invité citer
Oska
10/12/2013 02:45
Perso, j'ai découvert Kickback avec Cornered. Et plus la chronologie du groupe défile, plus il m'a surpris. Ca commencait par des mandales en pleine gueule, c'est desormais des coups de machettes, ou de scalpels, selon les pistes, selon les mesures. La violence se fait moins classique, donc moins formatée, donc moins routinière.
Niktareum citer
Niktareum
09/10/2013 22:06
note: 7.5/10
Ben écoute on sera pas d'accord là dessus. Pour moi "Forever War" est éminemment plus violent que tout ce qu'ils ont pu sortir par la suite. M'enfin l'égout et les couleurs comme disait l'autre...
KPM citer
KPM
09/10/2013 21:25
note: 10/10
Le truc c'est qu'il bute des culs comme tu dis justement parce qu'il explose toute la scène hardcore classique en incorporant d'autres éléments. Le chant est plus haineux, les parties considérées violentes encore plus violentes car elles tranchent avec celles plus ambiancées et le riffing est moins lourdingue à la longue.

Après ça change rien que je découvre Kickback avec Cornered ou pas, d'autant plus que le premier album du groupe que j'ai écouté est Forever War, qui est plus abouti que le premier et que je classe parmi mes favoris du NYHC. Mais en posant mes oreilles sur No Surrender j'ai juste été frappé par l'intelligence du propos, et pourtant la violence qui s'en dégage est réelle, hors de contrôle, alors que les autres se contentent du cadre des riffs pour bouger l'auditeur. Tout dans cet album EST la violence et elle te prend par là où tu ne t'y attends pas.
Niktareum citer
Niktareum
09/10/2013 13:49
note: 7.5/10
Question de point de vue. Moi je m'en fou qu'il soit irrespectueux. Je veux juste qu'il bute des culs, c'est ce que j'attends de Kickback, et là c'est moins le cas qu'auparavant. Après tu n'as peut-être pas découvert Kickback avec "Cornered" (enfin je suppose, dis moi si je me trompe Clin d'oeil) ça joue forcément sur l'appréciation de la suite. Et globalement je suis assez moyennement branché sur toute cette scène hardcore noire/malsaine/black métôl vers laquelle ils tendent aujourd'hui (même si c'est moins marqué sur celui que sur le dernier)
KPM citer
KPM
09/10/2013 10:58
note: 10/10
Il est quand même moche ce 7.5 pour l'album de méchant hardcore le plus irrespectueux de toutes considérations stylistiques.
Worthless citer
Worthless
06/08/2009 22:12
Un des albums de l'année pour moi aussi. Rarement le HxC s'est fait si noir et malsain.
Niktareum citer
Niktareum
06/08/2009 18:48
note: 7.5/10
Bah la note représente juste le fait que je trouve qu'il y a quand même quelques longueurs et des parties un peu moins intéressantes. "Forever war" (si j'arrive à le chroniquer un jour Mr Green ) tapera dans un bon 8.5-9/10 lui.
Saku' citer
Saku'
06/08/2009 18:43
note: 9/10
J'ai trouvé cet album énorme. Ta chro résume tout, ambiance malsaine, torturé. C'est sincère, violent et surtout très bien foutu.

On oscille entre passages crades à limite de Gaza et riffs efficace typiquement hardcore.

Bref ça tue et c'est surtout assez original, ça fait du bien du vent frais ! Un des albums de l'année.

Par contre je trouve ta note trop faiblard

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Kickback
Hardcore
2009 - GSR music
notes
Chroniqueur : 7.5/10
Lecteurs : (27)  8.96/10
Webzines : (18)  8.53/10

plus d'infos sur
Kickback
Kickback
Hardcore - 1991 - France
  

tracklist
01.   No Surrender  (05:00)
02.   Deathlust  (02:21)
03.   Still On The Prowl  (05:12)
04.   Aging Disgracefully  (02:56)
05.   Woods Are Wet : Woman Hell  (00:59)
06.   The Law Of The Self  (05:35)
07.   If I Die Tonight  (02:03)
08.   Sideshow  (03:48)
09.   Unholy Triumph  (02:39)
10.   The Audience Is The Target  (00:32)
11.   Warpath  (06:14)

Durée : 37:19

line up
parution
12 Juin 2009

voir aussi
Kickback
Kickback
Les 150 Passions Meurtrières (EP)

2000 - Hostile Records
  
Kickback
Kickback
Forever War

1997 - Hostile Records
  
Kickback
Kickback
Cornered

1995 - Hostile Records
  
Kickback
Kickback
Et Le Diable Rit Avec Nous

2011 - GSR music
  

Essayez aussi
Expire
Expire
With Regret

2016 - Bridge Nine Records
  
Pillars Of Ivory
Pillars Of Ivory
The Biblical Scripturez (Compil.)
(Genesis To Leviticus)

2021 - Daze Records
  
Sunami / Gulch
Sunami / Gulch
Sunami / Gulch (Split 7")

2021 - Triple B Records
  
H2O
H2O
California / D.C. / New York City (EP)

2011 - Bridge Nine Records
  
Sxokondo
Sxokondo
Altered Ego

2022 - Division Records
  

Pendrak
S/T
Lire la chronique
Eximperitus
Meritoriousness of Equanimity
Lire la chronique
Purulent Remains
Abhorrent Putrefaction (EP)
Lire la chronique
Six Feet Under
Next To Die
Lire la chronique
Dauþuz
Todeswerk: Uranium II
Lire la chronique
Nidelgret
Trauerlärm
Lire la chronique
Prisonnier Du Temps
Prendre Le Pouvoir Par La F...
Lire la chronique
Evil Warriors
Evil Warriors
Lire la chronique
Portrayal Of Guilt
…Beginning Of The End
Lire la chronique
À Terre
Embrasser la nuit
Lire la chronique
Fake Dust
Decrepitizing Din Of The Ce...
Lire la chronique
Malhkebre
B.A.M.N.
Lire la chronique
Temple Of The Fuzz Witch / Seum
Conjuring (Split 12")
Lire la chronique
To the Lions Tour 2026
Himinbjorg + Putrefaction o...
Lire le live report
La photo mystère du 1 Juin 2026
Jouer à la Photo mystère
Paterna Spirituum
Pieśni pogardy
Lire la chronique
NecroBeast
Iron Baphomet
Lire la chronique
Savage Mania
Demonic Assault
Lire la chronique
Moongates Guardian
Come Shadow of My End
Lire la chronique
Despondency
Matriphagy
Lire la chronique
Funebrarum
Beckoning The Void Of Etern...
Lire la chronique
Apolaustic
No Plenitude Without Suffering
Lire la chronique
Vargrav
Dimension: Daemonium
Lire la chronique
Putrefaction of Rotting Corpses (P.O.R.C.)
Sociopatia
Lire la chronique
Deftones
Koi No Yokan
Lire la chronique
Galibot + Mephorash
Lire le live report
A Forest Of Stars
Stack Overflow In Corpse Pi...
Lire la chronique
Nightspell
Darkness Spreads Around (EP)
Lire la chronique
Funebrarum
Exhumation Of The Ancient (EP)
Lire la chronique
Imperial Triumphant
Alphaville
Lire la chronique