chargement...

haut de page

My

Remontez pour accéder au menu
108 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Shape Of Despair - Shades Of...

Chronique

Shape Of Despair Shades Of...
Il est de ces entités dont l’élaboration s’explique par un ensemble d’influences aussi logiques, vu le contexte, que surprenantes. Malgré les apparences, Shape of Despair en fait partie, et s’inscrit totalement dans la démarche globale du metal des nineties, à vouloir dépasser les bases posées dix ans plus tôt et s’enrichir d’autres courants. L’aventure commence en Finlande avec le nom de Raven en 1995, sous l’impulsion notamment du compositeur principal Jarno Salomaa. Très influencé par le black metal cru de l’époque et par le dark ambiant, mais aussi par les pionniers du funeral doom Thergothon, Skepticism et Unholy, la lourdeur de leur musique (ainsi qu’un doublon dans le catalogue de Spikefarm Records) les pousseront à se renommer Shape of Despair. Après quelques démos, en particulier Alone in the Mist (non commercialisée à l’époque), le groupe entre en studio en décembre 1999 pour enregistrer son premier album full-lenght, reprenant d’ailleurs la plupart des titres de la démo précitée.

Et clairement, ce Shades of… est le témoignage final de cette époque et de cette ambition musicale bien particulière pour le groupe, à la croisée des inspirations. Inspirations qui pourraient paraître évidentes en l’an 2000 avec le recul, mais c’est surtout leur combinaison qui permet un résultat si singulier. Shape of Despair s’inscrit bien dans le courant du funeral doom, sans aucun doute. Ce style de doom extrême, étiré et à l’intensité décuplée par le death metal, s’affirme ici de par un tempo et une absence de variation presque abusivement rare. Cinq morceaux pour pas loin d’une heure de musique, voici l’épreuve. L’influence des précurseurs du black metal atmosphérique tel que Burzum, revendiquée par le groupe, est palpable, avec ce son de guitare au grain très diffus et cette propension aux structures simples et linéaires. L’album présente ce qui pourrait bien s’assimiler à un riff unique où, à l’exception du sursaut rythmique de « Down into the Stream » qui reste bien lancinant, les inflexions viennent principalement du chant et des claviers. Les vocaux death metal très rugueux et profonds, bien que très posés, sont habilement et régulièrement contrebalancés par les vocalises célestes de Nathalie Koskinen. Les claviers sépulcraux, omniprésents, finissent de parfaire de manière très efficace cette ambiance éthérée, cette longue procession. Quelques lead ou discrets accompagnements acoustiques à la guitare, ainsi que la flûte, apportent cette touche forestière auquel le groupe semble si attaché à ses débuts.

Si Thergothon est né dans la poussière, rampant dans ses propres cendres, le regard tourné vers un horizon qu’il n’atteindra jamais, Shape of Despair déambule, marche dans la forêt, tranquillement. Cette sensation de se perdre dans une nuit éclairée par un fugace rayon de lune, désorienté, ayant perdu toute notion du temps, mais comme si la peur avait laissé sa place à une léthargie inquiétante seulement, est saisissante. Avec son atmosphère féerique et sylvestre, touchant à l’onirisme, et sa tendance plus prononcée pour la mélodie que ses modèles, Shades of… pourrait se rapprocher de l’équivalent d’un In the Nightside Eclipse dans la famille du doom. L’album, qui de par son étiquette se doit d’inspirer une profonde tristesse, en devient paisible et surtout terriblement envoûtant avec les écoutes. Mais alors qu’en est-il de Shape of Despair ? Version aguicheuse et superficielle ou véritable capacité à transcender le genre ? Quelle que soit la véritable réponse, Shades of… peut se présenter comme une très, très belle porte d’entrée au genre, tant les morceaux forts se suivent ici sans faiblesses. La fameuse introduction en fade in de « …in the Mist » instaure d’emblée des températures glaciales, comme le ferait le début d’une marche funèbre à travers un blizzard impénétrable. Le terrible « Woundheir » prolonge sans effort cet hiver musical où tout se ralenti, tout est sombre et morne… Un titre comme « Shadowed Dreams » représente peut-être l’apogée de cette élévation étrange, tant le titre touche à quelque de chose de relaxant pour un genre comme le metal. Il ne manquera plus qu’à « Sylvan Night » de conclure avec ses chœurs fantomatiques du plus bel effet pour laisser l’auditeur dans un état hypnagogique, quelque part entre la conscience et le sommeil.

Avec ce Shades of… , Shape of Despair présente un premier essai extrêmement impressionnant, si abouti même qu’il passe déjà assez près de la mention « chef-d’œuvre ». Ce qui évite à un tel disque de faire sombrer l’auditeur dans l’ennui est sans doute la partie la plus difficile à saisir et encore plus à quantifier, à savoir cette ambiance unique, incroyablement hypnotique, qui confirme la nature profondément abstraite mais aussi subjective de cette musique. D’ailleurs unique au point que Shades of… restera incomparable dans la discographie des Finlandais, le groupe empruntant dès son second album, le mémorable Angels of Distress, une voie assez différente. Demeure un opus singulier, habité, au charme qui n’a pas fini de fasciner.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

9 COMMENTAIRE(S)

ellestin citer
ellestin
14/08/2019 11:35
Excellent concert au NDF 2017 (?). je n'en attendais même pas autant à vrai dire. Sur disque, cet album et son successeur sont des classiques.
andreas_hansen citer
andreas_hansen
12/08/2019 19:07
AxGxB a écrit : Ah, pas d'accord en ce qui me concerne. C'est comme ça que je les ai découvert et c'est ce qui m'a donné envie de poursuivre après des années passer à ignorer ce qui se cachait derrière ce nom. Après, c'était en 2018 donc découverte récente. Peut-être qu'ils ont amélioré leurs prestations sur scène.

Vus au Hellfest 2015 (je crois) à 14h sur une petite scène. Pas les conditions idéales. Alors, c'est pas la faute du groupe, clairement pas, mais en ce qui concerne leur prestation, j'ai trouvé que tout le charme avait disparu - entre autre avec le caniard, ok - parce que les zicos étaient assez ridicules... Surtout la chanteuse dans une espèce de tenue au look sac poubelle intégral en cuir qui restait en arrière-plan sans rien faire. La prestation du chanteur semi-"je suis tourmenté" m'avait pas convaincue non plus. Certains aimeront cette posture, moi non. Après ils ont peut-être effectivement fait des progrès, si ils re-tournaient dans le coin j'irai jeter une oreille (et un oeil).

AxGxB citer
AxGxB
12/08/2019 15:08
Ah, pas d'accord en ce qui me concerne. C'est comme ça que je les ai découvert et c'est ce qui m'a donné envie de poursuivre après des années passer à ignorer ce qui se cachait derrière ce nom. Après, c'était en 2018 donc découverte récente. Peut-être qu'ils ont amélioré leurs prestations sur scène.
andreas_hansen citer
andreas_hansen
12/08/2019 14:58
Je l'avais découvert il y a plusieurs longues années quand j'étais dans une période particulièrement doom funéraire, une vraie merveille. Par contre, prestation live déconseillée.
Neuro citer
Neuro
12/08/2019 09:52
note: 9/10
Chronique réécrite à ce jour.
Dead citer
Dead
08/09/2009 22:15
note: 7.5/10
Bon album mais au final un peu déçu par rapport à Angels Of Distress car moins lourd et moins plombant. Et puis l'utilisation de la flute est parfois un peu lourdingue.
DarkLord citer
DarkLord
30/04/2006 14:34
un très bon album, que je n'est pas assez écouter, car trop occupé avec le Angel of Distres lol.
Holy citer
Holy
24/10/2004
Je ne m'attendais pas à ca. merci beaucoup Sourire

je l'ai écrite en étant (un peu) bourré, je vois que ca ne parait pas trop!
narog citer
narog
24/10/2004
Excellente chronique! Très juste, tant dans la description de la musique que dans les sentiments développés par l'auditeur.

... et du coup je n'ajouterai rien.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Shape Of Despair
Funeral Doom Atmosphérique
2000 - Spikefarm Records
notes
Chroniqueur : 9/10
Lecteurs : (7)  7.93/10
Webzines : (10)  8.61/10

plus d'infos sur
Shape Of Despair
Shape Of Despair
Funeral Doom atmosphérique - 1998 - Finlande
  

écoutez
tracklist
01.   ...In The Mist  (13:43)
02.   Woundheir  (10:44)
03.   Shadowed Dreams  (11:12)
04.   Down Into The Stream  (08:20)
05.   Sylvan-Night  (13:00)

Durée : 56:59

line up
voir aussi
Shape Of Despair
Shape Of Despair
Illusion's Play

2004 - Spikefarm Records
  
Shape Of Despair
Shape Of Despair
Monotony Fields

2015 - Season Of Mist
  
Shape Of Despair
Shape Of Despair
Angels Of Distress

2001 - Spikefarm Records
  

Damnation Defaced
The Devourer
Lire la chronique
Malum
Legion
Lire la chronique
ALL #1 - L'histoire conceptuelle de l'album "Hypertrace"
Lire le podcast
METAL MEAN FESTIVAL XV - 2019
Asphyx + Au-Dessus + Bloodb...
Lire le live report
Kaltfront
Feuernacht
Lire la chronique
Morbid Illusion
In the Crypt of the Stifled
Lire la chronique
Detherous
Hacked To Death
Lire la chronique
ShadowStrike
Legends of Human Spirit
Lire la chronique
Oranssi Pazuzu
Kevät / Värimyrsky (EP)
Lire la chronique
Shit Life
Reign In Bud
Lire la chronique
State Faults
Resonate/Desperate
Lire la chronique
Ebola
III
Lire la chronique
Rogga Johansson
Entrance To The Otherwhere
Lire la chronique
Black Majesty
Seventh Kingdom of Edom (EP)
Lire la chronique
Whore Black Metal : STOP AU SEXISME
Lire le podcast
SYLAK OPEN AIR 2019
Apocalyptica + Black Flag +...
Lire le live report
Ravenzang
Uit een duister verleden
Lire la chronique
DISOWNING pour l'album "Human Cattle"
Lire l'interview
Cerebral Rot
Odious Descent Into Decay
Lire la chronique
Hate
Auric Gates Of Veles
Lire la chronique
Shape Of Despair
Shades Of...
Lire la chronique
METALHERTZ - S02E04 - Symphonic PACA Metal
Lire le podcast
PPCM #21 - Ces ALBUMS que JE NE DEVAIS PAS AIMER
Lire le podcast
Destruction
Born To Perish
Lire la chronique
Metal Church
Damned If You Do
Lire la chronique
Gestapo 666
Satanic Shariah
Lire la chronique
Memoriam
Requiem For Mankind
Lire la chronique
Beheaded
Only Death Can Save You
Lire la chronique
Epitaphe
I
Lire la chronique
Burial Remains
Trinity Of Deception
Lire la chronique