chargement...

haut de page

My

Remontez pour accéder au menu
82 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Merrimack - Omegaphilia

Chronique

Merrimack Omegaphilia
Tu connais mon amour pour la scène black française, son originalité (Peste Noire, Pensées Nocturnes, Blut Aus Nord…), son authenticité (Ende, Antaeus…), ses ambiances, même discutables (Caverne, Seigneur Voland, Kristallnacht…). Dans ce panel classique autant que classieux, Merrimack m’a toujours donné le sentiment d’être un poil à part, comme échappant pour partie aux qualificatifs susmentionnés, tantôt les dépassant (le magnifique Of Entropy and Life Denial), tantôt se plaçant en deçà (les très moyens Grey Rigorism et surtout The Acausal Mass). Omegaphilia entre-t-il, au moins, dans l’une de ces catégories ? Si l’on prend le temps de se poser, de faire tourner la galette, de l’apprivoiser lentement, je répondrais clairement par l’affirmative, passant de la seconde à la première.

Car, de fait, si les premières écoutes m’ont laissé sur ma faim, ce disque se révèle finalement en pièce de choix. Les riffs assassins le disputent aux ambiances élégantes. Le Merrimack 2017 est, pour ma part, tout cela à la fois : torturé et aristocratique. Ce que les titres renvoient à coup sûr.

Dès Cauterizing Cosmos, le titre d’ouverture, les ambiances ritualistes sont posées sur plus de 6 minutes, 6 minutes où les riffs aériens se mêlent en parfaite harmonie avec la violence latente, comme si l’encens propre à la cérémonie funèbre venait se mêler en douces volutes aux cris du désespoir des proches du défunt. La voix de Vestal, possédée, joue évidemment un rôle essentiel, comme un instrument autonome. Elle participe grandement aux contours funestes de cette première pièce. Comme, au demeurant, le son profond, organique, qui enrobe les compos en général. Un son qui met parfaitement en valeur les morceaux les plus lents (Cauterizing Cosmos, Gutters of Pain et Sights in the Abysmal Lure notamment), en donnant à entendre tous les instruments, les moindres changements de rythme (les blasts qui se détachent totalement sur Cauterizing Cosmos ou Apophatic Weaponry, sans que la mélodie en pâtisse), le plus petit arrangement (sur la batterie notamment, dès le premier titre).

Classique et classieux, Merrimack l’est assurément sur The Falsified Son, titre dont on pourrait penser qu’il est tout droit sorti de la boite à riffs du début du black, avec ses attaques franches, dissonantes, ultra puissantes. La rythmique s’emballe, le blast déborde mais sans perte de maîtrise ; le titre reste cohérent du début à la fin, dense, compact mais non dénué d’aérations au travers de riffs sublimes, de solis déjantés, un poil heavy, qui se fondent à merveille dans la structure, sans la dénaturer, sans briser la dynamique. Tout comme les mélodies, placées en quasi pont central, qui relancent l’intérêt du morceau mais sans jamais lui faire perdre sa dynamique initiale. Un titre magnifique, qui renvoie à Of Entropy and Life Denial. Apophatic Weaponry, le troisième titre, part quant à lui sur d’autres bases, plus douces, plus rampantes mais pas moins noires. Le style change, pas l’ambiance. L’atmosphère funèbre qui domine se ressent plus profondément encore sur cette piste où la menace couve, entre rythmique rampante et accélérations soudaines. La force de Merrimack est là encore de trouver l’idée, l’arrangement qui change le visage même du titre, comme ces riffs tournoyants ici qui se mêlent à la mélodie, tout en puissance et en profondeur, grâce là encore à un son de toute beauté, organique et gras. Et grâce encore à ses solis qui transfigurent le titre, qui semblent toujours joués dans une autre pièce, comme s’ils étaient venus d’ailleurs et qui pourtant, tombent toujours à point nommé pour relancer la machine.

La musique de Merrimack est riche ; riche de sa diversité, de ses riffs toujours différents, de ses idées claires parfaitement exploitées. En témoigne encore Gutters of Pain ou Cesspool Coronation et ses (petits) accents Deathspell Omega, dans la dissonance apportée à l’ensemble ou dans l’intro ou l’outro travaillée un peu à la manière de ou encore Sights in the Abysmal Lure et son allure lente qui progresse doucement jusqu’à l’explosion de riffs, de manière quasi prog’. Là encore, les riffs tournoyants s’enchevêtrent avec bonheur aux mélodies, créant une structure surchargée d’informations mais dans de laquelle on peut tout extraire, tout entendre (Cesspool Coronation en est l’exemple type, bourré qu’il est de changements de rythme, d’arrangements à la batterie et de mélodies tordues planantes).

Jusqu’au bout Merrimack surprend sur cet album. Car At the Vanguard of Deception, le dernier titre, en est aussi la quasi pièce maîtresse ! Avec ses 9 minutes au compteur, il explose les records : de temps, de vitesse, de mélodies entêtantes et vicieuses, de riffs barbares et aériens. Il est la synthèse parfaite de cet album, qui reprend tous ses points forts et abandonne l’auditeur essoufflé, mais heureux. Son départ échevelé le dispute aux mélodies aériennes qui déboulent quasiment dans la foulée, 20 secondes plus tard. Ce titre, parsemé de ponts plus sourds, plus menaçants, est « cassé » à plusieurs reprises, les accélérations subites venant le relancer, comme les mélodies magnifiques dont il est perclus.

Finalement, tu aurais tort de t’arrêter à cette pochette hideuse, qui ne fait guère honneur au contenu en tous points remarquable. Omegaphilia est un vrai chef d’œuvre, une vraie réussite avec tout ce que cela implique : des compos magnifiques, des idées, un son parfait et des arrangements pertinents. Merrimack frappe fort. Très fort.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

4 COMMENTAIRE(S)

Sagamore citer
Sagamore
29/08/2017 08:08
note: 8/10
Pas le genre de Black Metal qui me touche le plus, mais il faut admettre que c'est quand même très, très bien foutu. Tu y viens pour te moquer de la pochette affreuse, tu y restes pour ce que le groupe te balance en pleine poire.
Stockwel citer
Stockwel
28/08/2017 17:07
Je n'irais pas jusqu'à dire un chef-d'oeuvre, mais clairement un album excellent, le meilleur de Merrimack à mon goût.
Je n'en attendais rien donc la surprise n'en est que meilleure !
Jean-Clint citer
Jean-Clint
28/08/2017 13:51
note: 8/10
Je n'ai jamais été un gros fan du groupe trouvant toujours que leurs albums manquaient d'un petit quelquechose, ici ça n'est pas le cas tant il est sans fautes du début à la fin. Puissant, sombre et inspiré il s'avère être une très bonne réussite n'hésitant pas à mélanger les styles pour gagner en densité.
gulo gulo citer
gulo gulo
28/08/2017 12:04
note: 9/10
Un putain d'album.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Merrimack
Black metal
2017 - Season Of Mist
notes
Chroniqueur : 9/10
Lecteurs : (10)  8.6/10
Webzines : (11)  7.59/10

plus d'infos sur
Merrimack
Merrimack
Black metal - 1994 - France
  

tracklist
01.   Cauterizing Cosmos
02.   The Falsified Son
03.   Apophatic Weaponry
04.   Gutters of Pain
05.   Sights in the Abysmal Lure
06.   Cesspool Coronation
07.   At the Vanguard of Deception

Durée : 43:48

line up
parution
9 Juin 2017

voir aussi
Merrimack
Merrimack
Grey Rigorism

2009 - Osmose Productions / Moribund Records
  
Merrimack
Merrimack
The Acausal Mass

2012 - AFM Records
  

Essayez aussi
Patria
Patria
Magna Adversia

2017 - Soulseller Records
  
Gorgoroth
Gorgoroth
Twilight Of The Idols
(In Conspiracy With Satan)

2003 - Nuclear Blast Records
  
Hunok
Hunok
Megrendíthetetlenség

2016 - Werewolf Records / Tour de Garde
  
Naglfar
Naglfar
Vittra

1995 - Regain Records
  
Skáphe
Skáphe
Untitled (EP)

2017 - Mystískaos
  

Surprise de l'année
Deicide
Legion
Lire la chronique
Förgjord
Laulu kuolemasta
Lire la chronique
Thætas
Shrines To Absurdity
Lire la chronique
Instigate
Echoes Of A Dying World (EP)
Lire la chronique
The Phantom Carriage
7-Year Epilogue
Lire la chronique
Athanatheos
Jerusalem (or how Yahveh be...
Lire la chronique
Smile
What a Wonderful World (EP)
Lire la chronique
Fange
Poigne (EP)
Lire la chronique
Electric Wizard
Let Us Prey
Lire la chronique
Crowbar
Odd Fellows Rest
Lire la chronique
Dawn of Nil
Culminating Ruins
Lire la chronique
Sombre Héritage
Alpha Ursae Minoris
Lire la chronique
Candiria
Surrealistic Madness
Lire la chronique
Devouring Void
Septic Fluid Dripping From ...
Lire la chronique
Vaal
Visioen Van Het Verborgen Land
Lire la chronique
Mourning Beloveth / The Ruins Of Beverast
Don’t Walk on the Mass Grav...
Lire la chronique
Lifeless Dark
Who Will Be The Victims? (D...
Lire la chronique
Bait
Revelation Of The Pure
Lire la chronique
Mora Prokaza
By Chance
Lire la chronique
Meurtrières
Meurtrières (EP)
Lire la chronique
Irae
Lurking in the Depths
Lire la chronique
Death Courier
Necrotic Verses
Lire la chronique
Bašmu
Enshrined In Eternity
Lire la chronique
Exocrine
Maelstrom
Lire la chronique
Cryptic Shift
Visitations from Enceladus
Lire la chronique
Bezwering
Aan De Wormen Overgeleverd
Lire la chronique
Odiosior
Odiosior (EP)
Lire la chronique
Non Serviam
Le Cœur Bat
Lire la chronique
Hum
Inlet
Lire la chronique
Nexion
Seven Oracles
Lire la chronique