chargement...

haut de page

My

Remontez pour accéder au menu
69 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Akercocke - Renaissance in Extremis

Chronique

Akercocke Renaissance in Extremis
Des retours, il y’en a de toute sorte : des catastrophiques, de ceux qui ne bouleversent pas les habitudes, et il y’a, plus rares, les retours en grâce, les quasi-miracles. Vous me direz, Akercocke ne revient pourtant pas de si loin après un petit split de quatre ans et une pause discographique de dix, à la suite d’un Antichrist très convaincant. Mais voilà, si ce retour est bien spécial, c’est parce que rarement ont aura vu un groupe rompre le silence en affichant un visage si transformé. Pourtant à la vue du line-up actuel, qui pourrait se confondre avec la configuration historique d’Akercocke, hormis l’arrivée de Nathanael Underwood à la basse et Sam Loynes aux claviers, les choses semblaient aller dans le sens d’un come-back dans la continuité de l’œuvre des Anglais jusqu’alors avec ce Renaissance in Extremis.

Et bien les choses sont loin d’être aussi simples. Ce qui saute aux oreilles, c’est la disparition de cette ambiance et cette imagerie érotique (pourtant David Gray est toujours de la partie) et dandy qui faisaient la spécificité du groupe. De même les morceaux plus purement death metal et brutaux, ainsi que les interludes world et autres ont disparus des radars. Les Anglais donnent l’impression de s’être considérablement assagis, tant leur musique est aujourd’hui plus douce, misant sur les mélodies et des structures complexes et dynamiques au sein d’un death metal relevé de black et de techno-thrash. En un mot, un virage metal extrême progressif assez impressionnant, même si l’on reconnait malgré ce groupe étrange qu’est Akercocke au travers d’une esthétique classieuse quasiment victorienne et décadente. Le chant de Mendonça est toujours aussi versatile, et si sa voix claire assez théâtrale sera toujours aussi clivante, l’auditeur passant au travers pourra percevoir l’émotion palpable qu’il y met, et qui apporte un plus non négligeable aux moments les plus apaisés. D’une manière générale, Renaissance in Extremis est beaucoup plus uni que par le passé. Il affiche une couleur bien particulière tout du long, bien aidé en cela par une production claire, très aérée, et il faut bien l’avouer très appréciable, qui met bien en valeur chaque instrument.

Et c’est probablement cette production très sobre évitant tout vain artifice, qui permet à un disque si riche de tenir debout, notamment aussi grâce à des mélodies toujours inspirées et captivantes, souvent exprimées dans des riffs en clair que l’on retrouve sur presque chaque morceaux. Il faut dire qu’avec cette somme de compositions bigarrées, originales et surprenantes, ne faire aucune sortie de route et éviter toute incohérence comme le fait Renaissance in Extremis relève de l’exploit. Il suffit de poser les oreilles sur les riffs techno-thrash de « Disappear », les cuivres de « Insentience » ou « First to Leave the Funeral », les attaques black metal de « Familiar Ghosts » ou « First to Leave the Funeral », encore, et surtout le death progressif et technique assez exubérant de « A Final Glance Before Departing », qui trouve pourtant de la place pour des nappes de claviers superbes, pour comprendre que l’on a affaire à un album de metal extrême progressif de très haute volée. Très, voire trop riche aux premières écoutes certes, mais toujours à bon escient, et non comme bon nombre de groupes de la scène progressive qui ont depuis longtemps tendance à surcharger des morceaux par des éléments jamais mémorables ou pertinents (le mauvais exemple à suivre de Dream Theater). Si les parties black sont beaucoup plus en retrait qu’auparavant, ce sont les solistes qui s’en donnent à cœur joie, multipliant les interventions virtuoses et mélodiques, tout en finesse. On se rend même compte à quel point c’est devenu rare sur un album de metal, à croire que le sens mélodique se perd. Evidemment le niveau technique d’Akercocke, franchement exemplaire ici, facilite les choses, que cela soit au niveau des guitares que du duo basse/batterie, très audible et créatif.

Renaissance in Extremis nous amène vers ce constat : s’il est si réussi, c’est parce qu’il synthétise tout ce qui parait manquer dans le metal moderne actuel, à commencer par une production équilibrée et non exagérée, des soli de feu et une section rythmique significative et osons le dire, assez délicieuse. Si ce changement relatif de cap effectué par les Anglais pourrait décevoir les amateurs de bizarreries ésotériques et sexuelles, les raffinés mélomanes clients de musique progressive et de metal extrême se régaleront avec ce sixième album, clairement l’un des meilleurs du genre sorti ces dernières années, et surement le disque d’Akercocke le plus abouti dans ce sens. Un retour en grâce nous disions ? Mille fois oui.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

5 COMMENTAIRE(S)

tasserholf citer
tasserholf
31/05/2018 10:46
"les raffinés mélomanes clients de musique progressive"
Et après on dit que c'est moi qui provoque Moqueur
Mera citer
Mera
30/05/2018 09:43
Pareil ici, un peu rebuté par le chant... Je vais le refaire tourner quelques fois histoire de voir si je passe outre parce qu'effectivement, la musique est très sympa.
Ander citer
Ander
30/05/2018 08:56
NightSoul a écrit : Le chant extrême est laborieux au possible pour ma part. Dommage, ça me bloque plutôt pas mal... Musicalement c'est franchement bon par contre.

C'est ce qui m'a freiné également, Jason a vieillit et ça se ressent. Musicalement ça a l'air très solide, bien que moins extrême que dans le passé, ils ont encore des choses à raconter, mais chant bancal, plus longueur du bousin + le fait qu'il existe une version trois CDs qui coûte bonbon ont eu raison de ce retour que j'attendais avec impatience.
NightSoul citer
NightSoul
29/05/2018 22:54
Le chant extrême est laborieux au possible pour ma part. Dommage, ça me bloque plutôt pas mal... Musicalement c'est franchement bon par contre.
Johnjohn citer
Johnjohn
29/05/2018 15:49
note: 9/10
Très-très gros album pour moi aussi. J'ai toujours aimé la famille Ackercocke et son rejeton contrefait (et énervé) qu'est Voices. Ce dernier album est tout naturellement tombé dans la platine à sa sortie. Après lecture de cette (très bonne) chro, je m'oblige à le réécouter avec une oreille plus critique. C'est vrai que c'est plus mélodique et moins sex. Captivé par la magie, je ne m'en étais pas même rendu compte.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Akercocke
Metal extrême progressif
2017 - Peaceville Records
notes
Chroniqueur : 8.5/10
Lecteurs : (2)  9/10
Webzines : (11)  8.41/10

plus d'infos sur
Akercocke
Akercocke
Metal extrême progressif - 1997 - Royaume-Uni
  

vidéos
Insentience
Insentience
Akercocke

Extrait de "Renaissance in Extremis"
  
One Chapter Ends for Another to Begin
One Chapter Ends for Another to Begin
Akercocke

Extrait de "Renaissance in Extremis"
  

tracklist
01.   Disappear  (7:02)
02.   Unbound by Sin  (4:25)
03.   Insentience  (4:57)
04.   First to Leave the Funeral  (6:24)
05.   Familiar Ghosts  (7:17)
06.   A Final Glance Back Before Departing  (6:23)
07.   One Chapter Closing for Another to Begin  (4:10)
08.   Inner Sanctum  (4:13)
09.   A Particularly Cold September  (9:25)

Durée : 54:16 minutes

line up
parution
25 Août 2017

voir aussi
Akercocke
Akercocke
Antichrist

2007 - Earache Records
  

Essayez aussi
Ne Obliviscaris
Ne Obliviscaris
Citadel

2014 - Season Of Mist
  
Ne Obliviscaris
Ne Obliviscaris
Urn

2017 - Season Of Mist
  
Opeth
Opeth
Watershed

2008 - Roadrunner Records
  
Opeth
Opeth
Ghost Reveries

2005 - Roadrunner Records
  
Between The Buried And Me
Between The Buried And Me
Alaska

2005 - Victory Records
  

Irae
Lurking in the Depths
Lire la chronique
Death Courier
Necrotic Verses
Lire la chronique
Bašmu
Enshrined In Eternity
Lire la chronique
Exocrine
Maelstrom
Lire la chronique
Cryptic Shift
Visitations from Enceladus
Lire la chronique
Bezwering
Aan De Wormen Overgeleverd
Lire la chronique
Odiosior
Odiosior (EP)
Lire la chronique
Non Serviam
Le Cœur Bat
Lire la chronique
Hum
Inlet
Lire la chronique
Nexion
Seven Oracles
Lire la chronique
Mosaic
Secret Ambrosian Fire
Lire la chronique
BLACK METAL qui parle de virus !
Lire le podcast
Gloom
Rider of the Last Light
Lire la chronique
Witchcraft
Legend
Lire la chronique
Front
Antichrist Militia (EP)
Lire la chronique
Pearl Jam
Binaural
Lire la chronique
Buköwski
Grind on the Rocks
Lire la chronique
Le sondage des années 2010
Votre top 10 ! Difficile he...
Voir le sondage
Vspolokh
Помре
Lire la chronique
Zemial
Nykta
Lire la chronique
Meth Leppard
Woke
Lire la chronique
Runemagick / Chthonic Deity
Chthonicmagick (Split 12")
Lire la chronique
Azziard
Liber Secondus - Exégèse
Lire la chronique
Cathedral
The Last Spire
Lire la chronique
Carach Angren
Franckensteina Strataemontanus
Lire la chronique
Xibalba
Años en Infierno
Lire la chronique
Brutal Avengers
Chapter II - Mission to Ext...
Lire la chronique
PPCM #35 - Cherchons du STONER DEATH METAL !
Lire le podcast
Gravesend
Preparations For Human Disp...
Lire la chronique
Grave Circles
Tome II
Lire la chronique