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Death - Death by Metal (documentaire)

Chronique

Death Death by Metal (documentaire) (DVD)
Tudieu que j’ai été occupé durant l’été ! Il est vrai que j’avais prévu de faire pas mal de choses, mais, bon, les aléas du quotidien d’un prof en vacances font que tout ne se passe pas comme prévu.
Ceci étant dit, une sortie devait attirer mon attention, et j’étais plutôt excité à son annonce. Je m’étais prévu tout un truc, en mode « ouais petite bière Raddler et chips, et on sera bien devant ça ! ». J’étais hypé comme jamais.
On était le 20 juillet, et j’avais reçu mon exemplaire du documentaire « Death by Metal ».

Mais qu’est-ce que c’est ?
Death by Metal est un rockumentaire voulant retracer l’ensemble de la carrière du regretté Chuck Schuldiner, tête pensante et leader du groupe ultra-culte qu’est DEATH. Pionnier du Death Metal, défonceur de clichés, guide vers un nouveau sens d’écriture dans le genre qu’il a aidé à concevoir, Schuldiner est fascinant aussi bien en tant que créateur qu'en tant qu’être humain. Sa mort prématurée, survenue alors qu’il avait combattu une tumeur au cerveau et alors que tout le monde s’était dit que le pire était passé, a grandement contribué à la légende Schuldiner – légende qui se conjugue également à la qualité quasi sans-faute d’une discographie qui ne compte que des réussites, malgré un virage Prog Heavy qui en a déçu plus d’un, mais on y reviendra.
Ce documentaire a donc un double but : remettre en avant une icône du Heavy Metal au sens large mais, aussi, démêler le vrai du faux, rétablir la vérité sur qui est Chuck et sur ce qu’il a pu se passer tout au long de son parcours musical.

Avant tout, il faut savoir que vous lisez ici quelqu’un qui a acheté tous les re-releases de Relapse, riches en documents au sein des livrets sur les contextes de création. J’ai également tout arpenté pour tout découvrir de Schuldiner. Je l’avoue sans aucune honte : c’est une personne qui m’inspire énormément et, sans aller à lui vouer un culte, sa musique m’a accompagné à plusieurs moments de ma vie et m’ont aidé à voir plus clair certaines choses. Autant le dire, un tel documentaire était pour moi du pain béni.
D’autant que sa production a été plus ou moins compliquée. Ceux qui suivent le drama Death sont au courant : la gestion des droits autour de Death est une horreur, si bien que « Symbolic » reste le seul album non-réédité par Relapse car Roadrunner détient toujours les droits dessus. Il y a également eu des différends entre Chuck et son manager Eric Greif qui détenait beaucoup de droits sur la propriété intellectuelle du groupe. Un gros merdier !
Eh bien pour « Death by Metal », ça n’a pas loupé : terminé fin 2016, un crowdfunding basé sur du merchandising exclusif a été mis en place pour combler toutes les dépenses liées à la législation dans le monde entier et proposer une sortie DVD et numérique au plus vite. Devinez quoi ? Il a fallu plus d’un an et demi pour qu’enfin le documentaire soit disponible !
Au plus vite, hein ?

Autant vous dire que ma hype était au sommet quand j’ai enfin eu mon DVD commandé à partir de l’Amazon américain... J’étais fin prêt.
Ce ne fut pas l’expérience que j’attendais.

Mais pourquoi diable ai-je été un peu déçu ?

Pour commencer, point technique : je ne sais pas si c’est moi, vu que je n’ai aucun problème avec d’autres DVD, mais les sous-titres étaient totalement pétés, car soumis à une désynchro simplement calamiteuse. J’aime ça, moi, suivre des sous-titres de paroles lancées 3 secondes avant. Bon, vous me direz, ça m’a forcé à travailler ma compréhension orale de l’anglais – c’eut été pratique dans mes années lycée, tiens. Mais, surtout, au bout de 45 minutes, j’ai dû arrêter le visionnage et le remettre à plus tard, ça m’avait filé un mal de crâne.
Et il m’a fallu bien un mois avant que je ne me décide à voir la suite, hésitant quant à la pertinence du contenu.
Ne nous voilons pas la face : qui a déjà tout lu sur Death et Schuldiner ne découvrira pas forcément grand chose. Mais il y a des points très positifs au sein de ce film. En premier lieu, le montage est excellent, riche en images, dynamique dans les transitions, puis avec des morceaux pour illustrer le tout, c’est parfait. J’avais une réserve lorsque, sur la première partie, j’estimais qu’on voyait trop peu d’archives avec Schuldiner. Mais c’est équilibré et la deuxième partie, allant de Human au « Sound of Perseverance », reste très riche en archives – bien que les documents soient en grande partie trouvables sur le net en intégralité.
Le film contient également énormément de trivia sur des éléments importants : le fait que, dès sa jeunesse, il ait toujours été à fond dans sa passion avec une famille qui le soutenait bien qu’ils ne comprenaient pas sa musique, comment le « cassette trading », système d’échanges de cassettes, a permis à Schuldiner de diffuser ses démos et à se faire un nom assez vite, ainsi que toutes les tribulations de Chuck au Canada, puis son retour, un poil fauché, pour enregistrer « Scream Bloody Gore » avec seulement un autre batteur.
On aura les détails sur la tournée européenne de Human, que Chuck ne voulait pas faire parce qu’il était trop crevé pour ça, et combien ceci a fait une très, très mauvaise pub au groupe qui s’est traîné la réputation de boudeurs énervés. On aura aussi le point sur la colère noire de Schuldiner quand il a vu que « Symbolic » était mis en avant par Roadrunner avec d’autres sorties Death Metal telles que le « Pierced From Within » de Suffocation, alors qu’il avait spécifiquement demandé de ne plus être catégorisé comme Death Metal ; ce qui a conduit au départ de Gene Hoglan, saoulé comme jamais par les 10 derniers jours de tournée abominables qu’il a du subir avec un Chuck exténué et sans doute hors de lui. Il l’avait dit : « Putain j’aurais dû monter un autre groupe, avec un autre nom. » Et ce qui conduit au projet CONTROL DENIED, qui avait été produit par Nuclear Blast à la condition que Schuldiner leur apporte un autre album de Death, ce qui donnera « Sound of Perseverance » - et on comprendra pourquoi sur les démos des sorties Relapse on entendra des clean vocals de Chuck. Et on comprendra aussi pourquoi « Symbolic », mais également leur deux suivants de Schuldiner sont aussi différents et ont pu diviser la communauté Death : Chuck voulait envoyer paître les barrières du Death Metal, et aller au-delà du « brutal pour le brutal » dans une scène à laquelle il n’adhérait pas totalement. Je pense, personnellement, que c’est pour ça qu’il disait que les inventeurs du Death Metal étaient Possessed ; au-delà d’une modestie bien venue, c’est aussi un moyen détourné et plutôt habile de dire « ben, non, je ne fais pas de Death Metal, ne me mêlez pas à ça ».

Bref, vous le voyez, le documentaire est riche en éléments qui sont bien placés et bien expliqués, et ça fait plaisir d’avoir ces éléments qui ne sont pas les plus mis en avant. Mais si j’ai autant retenu ça, c’est que tout le reste, ben on connaît déjà. En soi, c’est pas un mal : qui n’a pas tout lu de Death sera ravi de tout découvrir, notamment comment les rencontres se sont faites ou la façon qu’avait Schuldiner de bosser avec ses membres du groupe (en résumé : « je sais ce que tu vaux, donne-moi ce que t’as dans le bide, et on construira avec ça » ou bien « j’ai déjà ça, tu peux recopier et y foutre un peu de ta patte, s’il te plaît ? »).
Mais je trouve qu’il y a des éléments manquants, cependant essentiels à la compréhension du projet : quid de la mort de son grand frère ? Je veux dire, mince, c’est suite à ça que ses parents lui ont acheté une guitare quand il avait 9 ans. C’est la raison pour laquelle il a nommé son groupe « Death », pour transformer ce décès en quelque chose de positif. Eh bien on n’en parle pas, dommage, non ?

On en viendra alors à la fin du documentaire. Attention, on va rentrer dans un gros morceau, car j’ai énormément de choses à dire tant ces ultimes instants m’ont laissé une sensation en demi-teinte.

Forcément, il sera question de la maladie de Schuldiner, et le fait qu’il soit parti en laissant un album inachevé, à savoir le « When Man & Machine Collide » de Control Denied. Pour le positif, j’apprécie que cette partie là ne soit pas larmoyante au possible. C’est touchant, émouvant sans insister. En revanche, je vais le dire sincèrement : ça me fout les glandes.
En soi, je me moque du fait que cet album ne voie jamais le jour, peu m’importe. Ce qui me gêne profondément, c’est que, encore et toujours, on a des discours contradictoires quant à cet album. Pour la petite histoire (qui n’est pas racontée dans le film), les rumeurs sont allées bon train autour du second Control Denied, suite au décès de son auteur. Sortira, ou sortira pas ? Il y a eu des spéculations, et même une sortie non-officielle, résultat avorté d’une collaboration entre la famille Schuldiner et le label Karmageddon Media (avant, Hammerheart Records) sous le nom de « Chuck Schuldiner – Zero Tolerance » regroupant 4 rehearsals avec guitare et batterie, et il y a eu un long, très long pour-parler qui laissait entendre une sortie en 2013.



Depuis, rien, hormis ceci en janvier 2014 :
Yippee dippee doodle! I spoke for hours today with Shannon...and I think he's doing better physically. We did talk about WMAMC and the demands that the project presents...and maybe this is something we can challenge! So the dealio CD fans is to hold your breath and think mega positive vibes about Shannon, because frankly his health is the most important thing. But let us not kid ourselves that we all hope he's able to use his spectacular talents to see Chuck's vision through to reality.
Et, en 2016, un message sur la page officielle qui dit que Eric Grief et la sœur de Chuck ont gravé un « Non » dans le marbre.
Ce qui est dit dans ce message est étayé dans le documentaire, car Jim Morris affirme que Chuck lui a avoué qu’il pouvait sortir l’album à la seule condition qu’il ne fasse aucune erreur. Autrement dit : tout est prêt, l’album peut sortir, et Morris avait les compétences et le matos pour tout faire. Seulement, il y a eu beaucoup de problèmes que Steve DiGiorgio précise ici :


Et pourquoi ceci me laisse un sentiment mitigé ? Parce que derrière je trouve la gestion de l’héritage de Chuck très limite. Au-delà de cet album qui demeure entre fantasme et rêve brisé (et dès le départ ils auraient pu dire que techniquement ils avaient des soucis, au lieu de laisser traîner), on peut suivre des choses qui laissent perplexe. De courant 2017 à l’heure où je rédige ces lignes, le neveu de Chuck s’est lancé dans un ensemble de ventes aux enchères d’items liés à son oncle. Ca va d’instruments à la veste en cuir, en passant par des pass de festoches ou un vieux papier avec écrit dessus 4 lignes de paroles finalement rejetées. Le tout vendu au prix fort, bien sûr, vu que c’est des enchères.
Je ne comprends simplement pas. Quand bien même la sortie de cet album qui ne se fera jamais n’est pas une question de fric, et quand il a été mis en avant l’importance de respecter les vœux de l’auteur, je note qu’ils sont capables de vendre toutes les frusques que celui-ci a accumulées pour se faire de l’argent. J’entends bien le prétexte du « oui mais ça sert à être envoyé à des proches dans le besoin » et tout, mais ça me fait bizarre, notamment parce qu’à côté ils font des re-re-re-re-resorties en vinyles à tirages limités juste pour créer artificiellement du collector.

Bref, autant tirer un trait sur cet album, même si c’est douloureux : s’ils le sortent actuellement, vu ce que dit DiGiorgio en terme de problème de corruptions de données, ce serait aller à l’encontre du souhait de Schuldiner de le produire de manière impeccable.

Et voilà comment j’appréhende ce documentaire. Oui, c’est un film qui a des qualités, qui se regarde très bien et qui apportera beaucoup de choses à qui s’intéresse au Rock et au Metal, pour peu que ces personnes-ci n’ont pas de mal avec l’anglais. Mais j’émets de vraies réserves si on est fan du groupe. « Passion is a poison laced with pleasure bittersweet » a écrit Chuck pour « Flesh and the Power it holds » et c’est bien vrai ici. Outre le fait d’avoir des infos qu’on connaît déjà, il y a ce léger côté aigre-doux (ou bittersweet) autour de l’héritage du leader de ce groupe légendaire.
Et je pense qu’il pouvait difficilement en être autrement. Les gens ont tellement eu d’attentes autour de Death, et Chuck Schuldiner avait tellement apporté au Metal avec sa musique, que le mythe a dépassé la réalités, et les passionnés sont devenus des fanatiques.
En définitive, il y aura forcément des déçus, il y aura forcément des personnes qui seront super emballées. Il y aura de tout. Aussi, je mets un 5/10, un juste milieu. Mais j’ajouterai un point pour ce que toute cette situation nous enseigne : peu importe ce que les gens attendent, les auteurs doivent suivre leur propre chemin, même si celui-ci déçoit, notamment par une fin que personne ne voulait.
Car, comme le disait Chuck : « Let the Metal flow. » Et il était la parfaite illustration de sa propre phrase.

Chuck Schuldiner, repose en paix.


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Death
Sommet de l'évolution
2018 - Relapse Records
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Death
Death
Sommet de l'évolution - 1984 † 2001 - Etats-Unis
  

parution
6 Juillet 2018

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