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Vein - Errorzone

Chronique

Vein Errorzone
Décidément, 2018 est une année qui a fait du bien au hardcore. Après l’excellent Only Self de Jesus Piece qui remettait les choses en place au niveau lourdeur, il est plus que temps de causer du monstre lâché par Vein, Errorzone, qui pour sa part vient donner une bonne leçon de chaos et de new-old-school à tout le monde.

Le jeune groupe, formé à Boston en 2013, balance un hardcore ultraviolent, sans répit ou presque, d’une façon méthodique, précise, glaciale, fidèle à la pochette en fait : l’impression de passer au scalpel.
Vein attaquent de front, histoire de faire comprendre dès le début à quoi on a affaire : un coup de boîte à rythmes un peu jungle, et les cervicales commencent directement à travailler entre gros riffs qui ne paraîtraient pas déplacés sur un album de metalcore, batterie complétement frénétique et voix arrachée qui balance ses tripes. On pense, surtout sur les quelques premiers titres, pas mal au premier album de Slipknot avec cette façon de balancer entre riffs bien speed et courtes injections d’électro pour un rendu ultra nerveux. Avec en plus un côté très chaotique, des riffs qui ne traînent jamais plus de quelques mesures, des rythmiques qui se brisent à longueur de temps, de quoi ne pas s’ennuyer et ne jamais laisser l’auditeur s’habituer à quoi que ce soit.

Mais il faut attendre le troisième morceau, ‘Rebirth Protocol’, pour qu’apparaisse ce qui fait de Errorzone un album à part : son ambiance moderne et glaciale, en grande partie grâce à cette guitare torturée, aigüe, lancinante, tranchante, qui se loge dans un coin du cerveau pour ne plus en ressortir. On retrouve cette atmosphère lors de l’interlude ‘Aneshesia’ et sa sirène menaçante, tout au long de ‘Demise Automation’, sur la fin de ‘End Eternal’… Et c’est là que Vein se fait le plus intéressant, avec un côté automatique et robotique dérangeant et d’une froideur écrasante. Les passages mélodiques ne sont pas en trop non plus, apportent un peu de répit et sont même franchement réussis : le chant plaintif de ‘Untitled’ rappelle les Deftones, et la fin de ‘Errorzone’ débarque de nulle part avec une mélodie mélancolique qui trouve pourtant parfaitement sa place grâce à cette guitare qui, décidément, fait une énorme partie de la magie de ce groupe.

Le reste du temps, au programme, c’est hardcore, et pas pour déconner. Les moshparts sont nombreuses et irrésistibles (l’intro de ‘Old Data In A Dead Machine’, la fin de ‘Demise Automation’, celle de ‘End Eternal’), la voix est au poil, aigüe et déchirée à souhait, contrebalancée par moments par les growls du guitariste, et la basse soutient le tout d’un bourdonnement dans la plus pure tradition du style. Mention spéciale à mon moment favori de l’album, celui qui me fait disjoncter à chaque fois et me donne envie de tout casser : le passage central de ‘Doomtech’, avec son riff en palm mute qui fait serrer les dents et le chanteur qui hurle à s’en faire péter les veines (haha) « everytime I close my eyes, I crash a thousand cars and all my loved ones die ». Que du fun.
Mais si c’est la guitare qui donne à Errorzone son ambiance caractéristique, c’est la batterie qui lui donne son énergie. Ce batteur est une vraie bête, qui sait cogner et écraser (cette caisse claire qui se fait éclater, raaahh), s’étaler partout sans en faire trop, mais aussi groover quand il faut : ‘Rebirth Protocol’ et ‘Anesthesia’ en sont les meilleurs exemples.

Vein, c’est la machine de la modernité qui s’emballe, l’ère du numérique qui nous dépasse, c’est Skynet qui vient nous éliminer un par un. C’est un groupe qui vient donner un grand air de fraîcheur dans le hardcore tout en rappelant à tout le monde ce qu’on a aimé dans le néo-métal. Que demander de plus ?

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4 COMMENTAIRE(S)

InnerDam citer
InnerDam
13/06/2019 01:37
note: 9/10
Si à chaque fois qu'un groupe de hardcore sortait un album on devait le comparer à Botch ou Converge, alors là on a pas fini.
Malheureusement, dans un genre ultra saturé que le hardcore aujourd'hui, les très bons albums - voir bons albums - se font rares. Les sempiternels albums de beatdown ou de revival old school à la Strife et consorts m'emmerdent au plus haut point.
Tout a été dit il y a 20 piges, basta.
Pour en revenir à l'album, le mélange de styles peut surprendre, voir rebuter pour les hermétiques au chant clair, mais bon c'est pas du Parkway Drive non plus.
Sinon, autre grosse sortie qui mériterait une attention, "Red Marks" de Femur. Très botch, très converge ;-) j'adore.
musicalement


Hallu citer
Hallu
11/06/2019 11:41
note: 7/10
Sorte de mix entre Slipknot et The Dillinger Escape Plan, et malheureusement, comme les deux précités, avec un chant clair sporadique tout aussi pourri et royalement inutile. C'est bien plus intéressant que le groupe metalcore américain de base cela dit, genre qui semble pulluler chez eux depuis quelques années... Quelques passages sont très efficaces. Mais album de l'année faut pas pousser non plus, c'est pas Converge ou Botch qu'on a là, c'est un jeune groupe qui sort un album intéressant.
FullSail citer
FullSail
10/06/2019 20:01
note: 9/10
On est bien d'accord, je vois pas quoi ajouter Mr Green
Après une bonne année depuis la sortie il tourne toujours autant, et c'est la fessée à chaque fois.
InnerDam citer
InnerDam
10/06/2019 19:29
note: 9/10
Tout simplement l'album hardcore de l'année, enfin on est plus en 2018 mais là il va être difficile de faire mieux vu la prouesse réalisée avec cet album. Innovant, créatif, brutal.. L'ensemble est impressionnant de maîtrise et ne donne à aucun moment dans la démonstration technique. Une claque monumentale!

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Vein
Hardcore métallique
2018 - Closed Casket Activities
notes
Chroniqueur : 9/10
Lecteurs : (3)  7.33/10
Webzines : (3)  8.57/10

plus d'infos sur
Vein
Vein
Hardcore métallique - 2013 - Etats-Unis
  

vidéos
Virus://Vibrance
Virus://Vibrance
Vein

Extrait de "Errorzone"
  
Demise Automation
Demise Automation
Vein

Extrait de "Errorzone"
  

tracklist
01.   Virus://Vibrance  (02:25)
02.   Old Data In A Dead Machine  (02:10)
03.   Rebirth Protocol  (01:07)
04.   Broken Glass Complexion  (02:27)
05.   Anesthesia  (01:07)
06.   Demise Automation  (01:48)
07.   Doomtech  (04:47)
08.   Untitled  (01:00)
09.   End Eternal  (03:14)
10.   Errorzone  (04:15)
11.   Quitting Infinity  (03:19)

Durée : 00:27:37

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