chargement...

haut de page

My

Remontez pour accéder au menu
200 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Bölzer - Lese Majesty

Chronique

Bölzer Lese Majesty (EP)
Comme beaucoup, j’attendais énormément du premier album de Bölzer. Après une démo rondement menée mais à l’étincelle encore un peu fébrile et deux EPs particulièrement prometteurs révélant l’extrême singularité d’un duo flirtant allègrement avec les limites d’un genre aux critères pour le moins obsolètes mais (presque) essentielles, les attentes placées en Hero étaient on ne peut plus élevées. Aussi, qu’elle ne fût pas ma déception lorsque je pu enfin poser mes oreilles sur ces quelques nouveaux morceaux. Cette baisse d’intensité particulièrement flagrante, cette batterie toujours sur la retenue, comme si quelqu’un retenait HzR dans son jeu, ce chant mélodique aux placements pour le moins hasardeux, tout cela au dépend de ce growl et autres passages hallucinés ayant dès lors disparus... Autant de justifications à l’une de mes plus grosses déceptions de l’année 2016.

Pour autant, Hero a depuis sa sortie toujours tourné régulièrement chez moi. Peut-être parce qu’au fond, j’ai toujours eu envie d’aimer cet album mais aussi parce que de manière plus pragmatique, j’ai fini par me débarrasser petit à petit, à force d’écoutes, de mes propres attentes afin d’embrasser purement et simplement la seule vision de l’artiste, faisant ainsi de ces défauts non pas des qualités mais des facteurs de contingence que j’ai appris à accepter et pour certains même à apprécier.

Si je n’espérais donc pas un retour de Bölzer vers des sonorités proches de ces deux premiers EPs, ce serait néanmoins vous mentir de dire que je n’attendais rien de ce Lese Majesty. Déjà parce qu’après avoir réussi à dompter à force de répétitions ce Hero, j’étais bien décidé à ne pas me laissé décourager par un nouveau EP, aussi généreux soit-il du haut de ses vingt-neuf minutes et quatre titres. Mais aussi et surtout parce que j’aime tout simplement beaucoup Bölzer pour son approche toujours aussi particulière, son univers visuel et sonore n’appartenant qu’à lui, sa forme atypique, celle d’un duo sans bassiste, son discours... Bref, tout un tas de raisons plus ou moins concrètes et subjectives qui m’empêcheront probablement pour toujours de me détourner un tant soit peu de ce groupe. Et donc, ce Lese Majesty ?

Et bien pour la première fois depuis 2013, cette nouvelle offrande n’a vu le jour ni sur Invictus Productions ni sur Iron Bonehead Productions mais sur Lightning & Sons, petite structure créée pour l’occasion par KzR er HzR vraisemblablement en quête d’indépendance. Moins halluciné mais toujours très intense, l’artwork de ce EP reprend de manière très graphique ces fameux éclairs si chers à l’univers de Bölzer, laissant au passage peu de doutes sur la nature des thèmes abordés tout au long de ce Lese Majesty.
Musicalement, pas de surprise, le groupe reprend les choses là où il les avait laissé sur Hero. Enfin, quand je dis pas de surprise, je modère tout de même un peu mes propos car je dois bien vous avouez, à mon grand étonnement, que je suis quand même rapidement tombé sous le charme de ces quatre nouveaux morceaux (allez, trois, si l’on met de côté "Æstivation" qui fait davantage figure d’interlude). Pourtant, la formule reste sensiblement la même, Bölzer explorant à nouveau les terres plus ou moins progressives de son Black/Death majestueux aux sonorités désormais plus célestes qu’aquatiques. Alors à quoi attribuer cet enthousiasme retrouvé ou en tout cas plus immédiat ?
Et bien pour commencer parce que je savais très certainement à quoi m’attendre. L’effet de surprise désormais dissipé, il ne restait plus qu’à se laisser happer par les compositions toujours aussi ambitieuses d’un Bölzer qui, et c’est probablement là l’autre raison de ce succès sur ma petite personne, à tout de même retrouvé cette énergie et cette rage qui faisaient quelque peu défaut à son prédécesseur. En effet, que ce soit sur "A Shepherd In Wolven Skin", "Into The Temple Of Spears" ou "Ave Fluvius! Danú Be Praised!", on sent clairement que le groupe n’est plus dans cette espèce de retenue contemplative. Le jeu de HzR a ainsi retrouvé ses couleurs d’antan avec bon nombre de séquences bien plus soutenues que sur Hero. Certes, certaines d’entre-elles conservent ce pouvoir hypnotique à force de répétition et de modération (semi-blasts) mais on remarque avec plaisir qu’il y a également beaucoup de passages particulièrement explosifs, menés à coups de blasts particulièrement redoutables. Même chose pour le chant d’Okoi Thierry Jones qui se montre beaucoup plus abrasif et rageur qu’il ne l’a jamais été (les premières lignes sur "A Shepherd In Wolven Skin" l’attestent sans mal). Un chant toujours aussi fier et conquérant dans ses invectives les plus agressives mais qui a également gagné en assurance lorsqu’il se fait mélodique et lumineux. Si Hero pâtissait de placements vocaux hasardeux et de lignes mélodiques parfois bancales, ce n’est plus le cas aujourd’hui comme le prouve ces passages tantôt sombres, tantôt plus lumineux à vous filer la chair de poule ("A Shepherd In Wolven Skin" à 2:04 et 4:55, "Into The Temple Of Spears" à 2:55 et 6:24, "Ave Fluvius! Danú Be Praised!" À 5:11). Cette ambivalence est clairement l’un des atouts du duo tout comme ces riffs toujours aussi fulgurants, inspirés et bouillonnants évoquant une espèce de colère divine à coup d’éclairs menaçants lancés à travers les cieux alors que résonne la voix perchée et hallucinée (toujours moins qu’avant) d’un KzR toujours aussi charismatique.

Ouais, décidément Bölzer, tu m’as bien eu à souffler ainsi le froid et le chaud. Car si Hero m’avait fait l’effet d’une véritable douche froide, Lese Majesty me fait à l’inverse l’effet d’un feu ardent que rien ne pourrait éteindre. Tout y est savamment dosé et réajusté, comme un délicieux mélange entre Aura pour cette intensité et cette hargne retrouvée et Hero pour cet aspect mélodique, vaguement progressif et définitivement introspectif. Tout en continuant d’entretenir cette singularité qui est la sienne, Bölzer renoue quelque part avec son histoire pour un résultat final qui dépasse de loin toutes mes attentes. Ouais, Bölzer, tu m’as bien eu et je n’ai maintenant pas d’autre choix que de plier le genou et de courber l’échine devant autant de grandeur et de majestuosité.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

1 COMMENTAIRE(S)

BBB citer
BBB
19/12/2019 11:55
Cette chronique me fait reconsidérer cet EP que j'avais peut-être prématurément relégué aux oubliettes, après juste une seule écoute de 'A Shepherd In Wolven Skin'.
Bon c'est pas gagné d'avance mais peut-être que le disque passera au rattrapage, qui sait.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Bölzer
Death Metal
2019 - Lightning & Sons
notes
Chroniqueur : 4/5
Lecteurs :   -
Webzines :   -

plus d'infos sur
Bölzer
Bölzer
Death Metal - 2008 - Suisse
  

tracklist
01.   A Shepherd In Wolven Skin  (09:08)
02.   Æstivation  (02:03)
03.   Into The Temple Of Spears  (06:13)
04.   Ave Fluvius! Danú Be Praised!  (12:01)

Durée : 29:25

line up
  • KzR / Chant, Guitare
  • HzR / Batterie

parution
15 Novembre 2019

voir aussi
Bölzer
Bölzer
Hero

2016 - Iron Bonehead Productions
  
Bölzer
Bölzer
Aura (EP)

2013 - Iron Bonehead Productions
  
Bölzer
Bölzer
Soma (EP)

2014 - Invictus Productions
  
Bölzer
Bölzer
Roman Acupuncture (Démo)

2012 - Autoproduction
  

Essayez aussi
Bloodsoaked
Bloodsoaked
Religious Apocalypse (EP)

2014 - Comatose Music
  
Father Befouled
Father Befouled
Desolate Gods

2017 - Dark Descent Records
  
Vorum
Vorum
Grim Death Awaits (EP)

2009 - Woodcut Records
  
Undergang / Gorephilia
Undergang / Gorephilia
Gorephilia / Undergang (Split 7")

2018 - Me Saco Un Ojo Records
  
Sadistik Forest
Sadistik Forest
Morbid Majesties

2018 - Transcending Obscurity
  

Transilvania
Night of Nights
Lire la chronique
Wolfkrieg
When the Cold Comes
Lire la chronique
Korn
The Nothing
Lire la chronique
Prison of Mirrors
De Ritualibus et Sacrificii...
Lire la chronique
Spirit Possession
Spirit Possession
Lire la chronique
Valgrind
Condemnation
Lire la chronique
UNDERGROUND ! C'est quoi et à quoi ça sert ?
Lire le podcast
Inclination
Midwest Straight Edge (EP)
Lire la chronique
Carthage
Punic Wars!
Lire la chronique
K.F.R.
Nihilist
Lire la chronique
Fistula
The Process of Opting Out
Lire la chronique
Shed The Skin
The Forbidden Arts
Lire la chronique
Pearl Jam
Pearl Jam
Lire la chronique
Masacre
Reqviem
Lire la chronique
Lantern
Dimensions
Lire la chronique
Temple Of Dread
World Sacrifice
Lire la chronique
Stygian Crown
Stygian Crown
Lire la chronique
Atavist
III: Absolution
Lire la chronique
Aherusia
Nostos ~ An Answer (?)
Lire la chronique
Nattverd
Styggdom
Lire la chronique
Bilan 2010-2019 : la sélection de la rédaction
Lire le bilan
Pearl Jam
Riot Act
Lire la chronique
Evil Warriors
Schattenbringer (EP)
Lire la chronique
Bastard Priest
Vengeance... Of The Damned ...
Lire la chronique
Panzer Squad
s/t (EP)
Lire la chronique
Pearl Jam
Gigaton
Lire la chronique
Black Funeral
Scourge of Lamashtu
Lire la chronique
Thou
Blessings Of The Highest Or...
Lire la chronique
Temnein
Tales : Of Humanity And Greed
Lire la chronique
Withering Surface
Meet Your Maker
Lire la chronique