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Black Curse - Endless Wound

Chronique

Black Curse Endless Wound
Actif depuis 2015, Black Curse à pourtant quelque peu tardé à l’allumage, sortant sa toute première démo il y a seulement quelques mois lors de l’édition 2019 du Kill-Town Death Fest. Une "advance" tape des plus réjouissantes mais passée ici sous silence afin d’éviter tout simplement la redite. En effet, on trouve sur celle-ci trois titres présents aujourd’hui sur ce premier album à la différence près qu’il s'agissait de version encore non-finalisées. Vous comprendrez donc ma réticence à ne pas vous en avoir parlé plus tôt malgré mon enthousiasme évident (voir mon live-report de leur prestation à Copenhague).
Il faut dire aussi que le groupe à de quoi susciter l’intérêt à la seule évocation de son line-up puisque l’on y trouve tout de même Eli Wendler de Spectral Voice (chant, guitare), Morris Kolontyrsky de Blood Incantation et Spectral Voice (basse), Jonathan Campos de Primitive Man (guitare) et enfin Zach Coleman de Khemmis (batterie). Si je n’ai pas capté votre intérêt à ce stade de la chronique, je pense que vous pouvez d’ores et déjà passer votre chemin.

Intitulé Endless Wound, ce premier album qui sortira à la fin du mois sur le label allemand Sepulchral Voice Records a été produit de A à Z (enregistrement, mixage et mastering) par Arthur Rizk (Power Trip, Inquisition, Crypt Sermon, Eternal Champion...) alors que pour l’artwork, les Américains ont fait appel aux talents de Denis Forkas Kostromitin, illustrateur russe reconnu notamment pour ses travaux auprès de Behemoth mais dont les travaux ornent également les albums de groupes tels que Wrathprayer, Grave Miasma ou Gevurah.

Bien conscient que l’intérêt d’un tel groupe n’est pas d’aller marcher sur les plates-bandes des quelques formations dont ses membres sont issus, Black Curse va tenter non pas de changer la donne car ce n’est certainement pas la mission qu’il s’est fixé mais plutôt de cultiver une certaine identité à travers une musique plus personnelle malgré encore une fois quelques influences relativement évidentes. La première qui me vient en tête à l’écoute d’Endless Wound est assurément celle des Finlandais de Swallowed. Si de son vivant le groupe n’a jamais eu les honneurs qu’il mérite (enfin moi j’ai fait mon taf ici), il n’en a pas moins pondu l’un des albums de Death/Doom les plus malades et dérangés jamais sorti ces dernières années. Dans une moindre mesure, la musique de Black Curse évoque également par moment et pour des raisons différentes le Black Metal de Beherit (surtout lorsque la musique des Américains se fait plus dense, douloureuse et répétitive) et Katharsis (lors de ces conflagrations particulièrement intenses et chaotiques). D’une manière générale la formule que va entretenir Black Curse est marquée par un véritable sentiment de folie noire. Déjà à travers la voix possédée et malveillante d’Eli Wendler dont les cris parfois perdus dans le lointain et les incantations aux formes multiples revêtent quelque chose de terriblement dérangé et dérangeant. Une interprétation terrifiante qui apporte forcément une profondeur supplémentaire à ce Death/Doom teinté de Black Metal. Une musique sombre et particulièrement intense qui d’ailleurs ne l’est pas tant sur le plan rythmique (même si les accélérations nombreuses et explosives vous feront clairement transpirer) mais plutôt pour ce qu’elle nous fait vivre et ressentir tout au long de ces trente-huit minutes éreintantes qui vous mettront à genoux.

Moins ambitieuses en terme de format (pas de titre de vingt minutes sur ce premier album puisque le plus long flirte ici avec les neuf minutes seulement), les compositions imaginées par Black Curse paraissent d’emblée plus faciles d’accès. Pourtant, ce n’est pas forcément le cas, justement à cause de cette propension à changer de dynamique sans crier gare, passant ainsi de passages sauvages particulièrement redoutables menés généralement à coup de blasts et riffs éclairs (les débuts en trombe des excellents "Charnel Rift", "Crowned In (Floral) Vice" ou "Endless Wound", l’expéditif "Seared Eyes" qui culmine à un peu plus de trois minutes…) à des séquences plombées nettement plus écrasantes qui vont instaurer en un clin d’oeil une ambiance délétère et suffocante ("Charnel Rift" à 2:18, la conclusion de "Crowned In (Floral) Vice", les premières mesures de "Enraptured By Decay", le pesant "Lifeless Sanctum", la partie centrale d’"Endless Wound"...). Entre le riffing infernal d’Eli Wendler et Jonathan Campos souligné très justement par ces quelques leads dissonants et autres solos chaotiques, la basse saturée et menaçante de Morris Kolontyrsky et les assauts implacables (qu'ils soient délivrés tête dans le guidon dans l’urgence la plus totale ou bien d’une manière beaucoup plus pesante) de Zach Coleman, Black Curse tient ici une formule gagnante faisant de Endless Wound un premier album absolument redoutable dont on devrait aisément reparler au moment de dresser les bilans de fin d’année.

Si comme moi vous pleurez encore aujourd’hui la disparition de Swallowed ou que le silence assourdissant de Katharsis n’en peu plus de vous démanger, Black Curse devrait être en mesure de combler votre frustration, au moins le temps de ces trente-huit minutes infernales qui risquent bien de laisser des marques. Certes, les Américains ne sont pas les premiers sur ce créneau mais les influences qui les nourrissent sont tout de même ici bien digérées. Endless Wound est finalement tout ce que devrait être un album de Death Metal : sauvage, intense, dérangé, emprunt d’un véritable sentiment de folie et capable de passer d’atmosphères implacables à des ambiances beaucoup plus sournoises et maladives. Les plus malins qui savent toujours tout sur tout parleront de hype pour évoquer cette nouvelle scène de Denver, les plus éclairés se contenteront savourer chaque écoute de ces groupes qui n’hésitent pas à sortir des sentier battus et à proposer des albums difficiles à caser et qui finalement n’appartiennent qu’à eux (ou presque). Bref, voilà certainement album à ne pas manquer.

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5 COMMENTAIRE(S)

FullSail citer
FullSail
04/04/2020 19:21
note: 8.5/10
Une grosse, grosse tuerie !
Sim citer
Sim
02/04/2020 19:18
note: 9/10
Ça va être dur de le battre celui-ci cette année, peut-être Undergang ou Phrenelith !
Sikoo citer
Sikoo
02/04/2020 14:53
AxGxB a écrit : Sikoo a écrit : Chronique que j'attendais le plus dernièrement, vraiment ça donne envie d'écouter l'album, réponse le 24 ! En attendant tu m'as donné envie réécouter Swallowed héhé

Y a un Full Stream de l’album dispo sur YouTube je crois Clin d'oeil


Oh la bonne nouvelle, merci !!!
AxGxB citer
AxGxB
02/04/2020 13:29
note: 8.5/10
Sikoo a écrit : Chronique que j'attendais le plus dernièrement, vraiment ça donne envie d'écouter l'album, réponse le 24 ! En attendant tu m'as donné envie réécouter Swallowed héhé

Y a un Full Stream de l’album dispo sur YouTube je crois Clin d'oeil
Sikoo citer
Sikoo
02/04/2020 13:27
Chronique que j'attendais le plus dernièrement, vraiment ça donne envie d'écouter l'album, réponse le 24 ! En attendant tu m'as donné envie réécouter Swallowed héhé

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Black Curse
notes
Chroniqueur : 8.5/10
Lecteurs : (4)  8.5/10
Webzines : (4)  7.67/10

plus d'infos sur
Black Curse
Black Curse
Death Metal - 2015 - Etats-Unis
  

tracklist
01.   Charnel Rift  (05:05)
02.   Crowned In (Floral) Vice  (04:42)
03.   Enraptured By Decay  (07:30)
04.   Seared Eyes  (03:15)
05.   Lifeless Sanctum  (02:44)
06.   Endless Wound  (06:13)
07.   Finality I Behold  (08:51)

Durée : 38:20

line up
parution
24 Avril 2020

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