chargement...

haut de page

My

Remontez pour accéder au menu
111 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Fields of the Nephilim - The Nephilim

Chronique

Fields of the Nephilim The Nephilim
Bon allez, second volet de “Dantefever pourlèche les balloches de son groupe chéri qu’il aime de tout son cœur avec une chronique beaucoup trop longue et pas objective une seconde”. Pas question de fléchir, je suis en mission moi. J’ai décidé de pousser la pleurniche jusqu’au bout, et de râler encore parce que mon chouchou n’est pas assez reconnu à mon petit goût jusqu’à ce que louanges au groupe s’ensuivent.

Allez, j’en rajoute une dernière couche et je passe à la musique, promis. Je n’arrive toujours pas à piger pourquoi ce groupe n’est presque jamais cité dans le petit monde du metal UG, sur lequel il a pourtant eu un impact musical et iconographique considérable. Pour encenser Sisters of Mercy, Bauhaus et compagnie, il y a du monde ! Par contre, pour parler d’une formation qui était trois crans au-delà des post-punks du début des 80’ et qui avait déjà tous les atours du metal extrême (ou non d’ailleurs) d’inspiration occulte et ésotérique avant l’heure, là, ya plus personne ! Boudiou, vous allez me dire que les blackeux qui se la jouent grands mystiques ne doivent rien à Carl McCoy ? Mensonge que ceci !

Bon, j’exagère peut-être un peu, ça va, ça va … Mais tout de même. L’influence de Fields of The Nephilim est certaine. Et puisque celui qui avance quelque chose se doit de le justifier, et bien je m’exécute, et je démontre par l’exemple avec The Nephilim, l’album le plus représentatif du groupe (et sans doute mon favori, mais ça change à peu près tous les jours, ce n’est pas une science exacte).

Déjà, moi, j’adore la pochette. Si si, elle est super classe. Le vieux cuir vaguement imprimé avec des volutes, le morceau de parchemin avec le logo western du groupe encore marqué par son premier album Dawnrazor … J’aime. Oui, si tu veux, c’est un peu kitshouille … Mais pas tant que ça. En tout cas, ça plonge directement dans l’ambiance. Et tu sais ce qui plonge directement dans l’ambiance aussi ? Ben la première piste de 7 minutes, “Endemoniada”. Elle TUE, cette piste. J’ai plein de choses à dire dessus, alors je vais essayer de faire ça dans l’ordre. D’abord, cette plage d’ambiance avec percussions tribales et gémissements possédés de Carl, c’est pas prenant ça ? Et puis ces quelques accords qui flottent dans le lointain, un peu mystérieux … Et après ça, les cordes saturées qui arrivent, le rythme de batterie et l’arpège de dingue, ça te mets pas par terre ça ? Et regarde, ça y est, c’est lancé ; le bon pattern de batterie assez sec, typique de la scène post-punk/goth rock dont est issu le groupe, cette mélodie à deux guitares lente et majestueuse qui te fait te balancer comme un bluesman sur son rocking-chair, c’est-y pas bon ça ? Cette piste, c’est le dernier éclat du Far-West mythique et mystique dont le groupe se sépare sur cet album pour partir sur des thématiques purement ésotériques et sombres (ouais, gothique, si tu veux). Le dernier vent du désert, chargé d’une indicible vapeur lovecraftienne, que le groupe reçoit de face avant de partir vers d’autres horizons. Et c’est grandiose. L’accélération qui s’ensuit est parfaitement délicieuse aussi, c’est même presque dansant ! Carl commence enfin à gronder, et là, on s’arrête un instant. Après Dawnrazor, on fait ses adieux au chant typique post-punk. Il ne réapparaîtra pour ainsi dire plus chez les Fields. Ce qui arrive, en revanche, c’est cette voix incroyable dont j’ai déjà parlé dans la chronique de l’album suivant. On est passé à quelque chose d’autre, de plus grand, de plus profond, de plus sombre. Carl s’est vu octroyé cet organe monstrueux dans l’intervalle entre Dawnrazor et cet album éponyme. La voix qui fera de ce groupe une légende est là.

Bon et pour finir sur cette piste, on le dit que c’est du stoner avant l’heure ? On le dit que tout était déjà là avant que les américains ne décident de sortir les classiques du futur genre ? On le dit que le désert mystique, les riffs bluesy répétitifs et hypnotiques, les vocalises de prophète, c’était déjà là avant Sleep et Kyuss ? Ben voilà, moi je le dis.

Allez, piste suivante, et là aussi on va en parler. “The Watchman”. Arpège touchant, ambiance biblique, chant éprouvé … Les thématiques typiques des Fields sont enfin là. Moïse, Cthulhu, Jésus … Toutes ces grandes figures spirituelles et mystiques sont convoquées. Et pour la petite explication, “The Watchman” fait assez clairement référence à ceux appelés “ceux qui voient/regardent” dans le Livre d’Hénoch, un apocryphe développant les prophéties et les visions de ce personnage ancêtre de Noé, concernant majoritairement le destin des anges. Ce sont eux, “ceux qui voient”. Ce livre a eu une immense influence sur les courants ésotériques et occultes par la suite, et à peu près toute la thématique biblique hermétique du groupe se base dessus. Le livre traite d’ailleurs du destin des Nephilims … Il n’y a pas de hasard. Pour reparler musique, la piste est divisée en trois parties. D’abord l’entrée en matière toute douce et recueillie, puis un réveil plus énergique, avant de passer à une intensité plus sauvage, avec Carl qui se lâche complétement au niveau de la voix. La force de la chanson est impressionnante, et tranche beaucoup avec l’atmosphère plus galvanisante de la longue “Endemoniada”. On note aussi une batterie très répétitive, très post-punk, presque aride, nerveuse et claquante. Une grande chanson.

Allez, on passe un peu plus rapidement sur “Phobia”, énorme tube hard rock assez motorheadien, avec voix caverneuse de Carl, riffs sauvages et efficaces, soli possédés … Génial, génial, génial, mais on ne peut pas trop en parler, il y a “Moonchild” juste derrière. Et là … Bon, vous la connaissez peut-être, c’est sûrement la chanson la plus connue du groupe. Mais quel chef d’œuvre ! Les claviers obscurs de l’intro, les murmures de Carl, et cette mélodie arpégée stellaire … La réverbération parfaite qui entraîne directement dans d’autres plans, les scintillements éparpillés en fin de riff … Quelle splendeur ! Carl est plus fou que jamais, on le sent dans une transe totale, en particulier quand arrive le pont qui amène sur ce refrain s’achevant sur ce “lower me down, down, down, down” presque rageur. On a même droit à un solo hanté, avant d’arriver sur la reprise des couplets et du refrain avec Carl qui rajoute encore de l’emphase derrière son micro. Cette chanson, il faudrait qu’elle ne s’arrête jamais.

Ne cédons pas au track-by track, faisons-nous violence, essayons d’être plus synthétiques. “Chords of Souls” est la première chanson du groupe que j’ai jamais écouté, et elle m’a rendu dingue instantanément. La voix, cette mélodie, cette énergie aussi sombre qu’enthousiasmante, ces grands “Eyes !” enfiévrés de Carl ... Parfaite. “Shiva”, qui prend la suite, est sûrement la piste la plus surprenante de l’album, avec son ambiance véritablement recueillie, cette mélodie chaloupée et tournoyante, ce passage ritualiste au milieu … On est en Inde, plus dans son fauteuil, mais dans un temple perdu où une statue se met soudainement à danser.

Et on arrive sur le trio de fin, plus triste, plus sombre. La magnifique “Celebrate” est une balade époustouflante, avec cette basse qui sonne si émouvante, Carl qui chante avec douceur et sensibilité, les ajouts de guitare chatoyants … L’ambiance est feutrée, consacrée, apaisante. Très, très beau. Et puis, c’est le déchirement. “Love Under Will”, raconte un terrible drame humain, mélange de haine, d’amour, de désespoir et de chagrin. On est dans le gothique à 1000%. Et osez me dire que My Dying Bride n’a jamais écouté ça, pour voir ! La piste est éplorée, presque éprouvante tant elle sonne funèbre et sinistre. C’est touchant, c’est triste, c’est sombre, c’est tragique … Et ça prépare à la finale “Last Exit for the Lost”. Les paroles, assez mystérieuses, semblent décrire un être perdu, s’abandonnant aux puissances cachées. Tout l’album est résumé ici. Je ne vais pas encore faire dans la prose adipeuse et la louange, ça va comme ça. C’est au-dessus de tout, point.

Que voulez-vous que je vous dise de plus ? C’est suffisant, non ? Fields of the Nephilim est grandiose sur cet album, peut-être plus que sur tous les autres albums où il est pourtant grandiose également. C’est la quintessence de sa musique. C’est aussi celui par lequel il faut commencer le groupe, selon moi, justement à cause de cet aspect caractéristique. En plus d’incarner l’esprit de l’entité, il a un aspect vraiment efficace et prenant, qui facilite la plongée. Il rentre tout à fait dans cette catégorie d’albums qui accrochent dès le début, mais dont on prend des années et des années à comprendre à quel point il est gigantesque.

Second volet terminé. On se retrouvera pour parler du dernier album en date, Mourning Sun, dans quelques temps. D’ici-là, back to Gehenna.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

4 COMMENTAIRE(S)

Dantefever citer
Dantefever
28/11/2019 09:33
note: 10/10
BBB a écrit : Le groupe avait été dantesque (!) lors de son passage au Roadburn 2015. Comme quoi 30 ans après il se passe toujours quelque chose.

Sinon, une chronique de prévue pour la parenthèse plus metal du père Carl, Nefilim avec l'album 'Zoon'?


Eh ben je sais pas trop ... Ya des morceaux que j'aime bien dans cet album, mais dans l'ensemble, pas fan. Trop indus pour moi.
BBB citer
BBB
28/11/2019 09:25
Le groupe avait été dantesque (!) lors de son passage au Roadburn 2015. Comme quoi 30 ans après il se passe toujours quelque chose.

Sinon, une chronique de prévue pour la parenthèse plus metal du père Carl, Nefilim avec l'album 'Zoon'?
Astraldeath citer
Astraldeath
27/11/2019 23:12
J'avoue, j'aime beaucoup cet album aussi. J'aime tout particulièrement Phobia.
Blackzander citer
Blackzander
27/11/2019 20:27
Bonsoir, je connaissais pas merci beaucoup pour cette chronique.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Fields of the Nephilim
Rock occulte
1988 - Beggars Banquet
notes
Chroniqueur : 10/10
Lecteurs : (2)  3.75/10
Webzines : (2)  9.75/10

plus d'infos sur
Fields of the Nephilim
Fields of the Nephilim
Rock occulte - 1984 - Royaume-Uni
  

tracklist
01.   Endemoniada  (7:15)
02.   The Watchman  (5:31)
03.   Phobia  (3:37)
04.   Moonchild  (5:40)
05.   Chord of Souls  (5:08)
06.   Shiva  (4:50)
07.   Celebrate  (6:23)
08.   Love Under Will  (7:08)
09.   Last Exit for the Lost  (9:42)

Durée : 55 minutes

line up
voir aussi
Fields of the Nephilim
Fields of the Nephilim
Elizium

1990 - Beggars Banquet
  

Essayez aussi
The Devil's Blood
The Devil's Blood
Come Reap (EP)

2008 - Ván Records
  

Paradise Lost
Shades of God
Lire la chronique
Okkultokrati
La Ilden Lyse
Lire la chronique
Deicide
Legion
Lire la chronique
Förgjord
Laulu kuolemasta
Lire la chronique
Thætas
Shrines To Absurdity
Lire la chronique
Instigate
Echoes Of A Dying World (EP)
Lire la chronique
The Phantom Carriage
7-Year Epilogue
Lire la chronique
Athanatheos
Jerusalem (or how Yahveh be...
Lire la chronique
Smile
What a Wonderful World (EP)
Lire la chronique
Fange
Poigne (EP)
Lire la chronique
Electric Wizard
Let Us Prey
Lire la chronique
Crowbar
Odd Fellows Rest
Lire la chronique
Dawn of Nil
Culminating Ruins
Lire la chronique
Sombre Héritage
Alpha Ursae Minoris
Lire la chronique
Candiria
Surrealistic Madness
Lire la chronique
Devouring Void
Septic Fluid Dripping From ...
Lire la chronique
Vaal
Visioen Van Het Verborgen Land
Lire la chronique
Mourning Beloveth / The Ruins Of Beverast
Don’t Walk on the Mass Grav...
Lire la chronique
Lifeless Dark
Who Will Be The Victims? (D...
Lire la chronique
Bait
Revelation Of The Pure
Lire la chronique
Mora Prokaza
By Chance
Lire la chronique
Meurtrières
Meurtrières (EP)
Lire la chronique
Irae
Lurking in the Depths
Lire la chronique
Death Courier
Necrotic Verses
Lire la chronique
Bašmu
Enshrined In Eternity
Lire la chronique
Exocrine
Maelstrom
Lire la chronique
Cryptic Shift
Visitations from Enceladus
Lire la chronique
Bezwering
Aan De Wormen Overgeleverd
Lire la chronique
Odiosior
Odiosior (EP)
Lire la chronique
Non Serviam
Le Cœur Bat
Lire la chronique