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In The Woods... - Cease The Day

Chronique

In The Woods... Cease The Day
Il est toujours délicat d’aborder la discographie – ou une photo d’elle – d’un groupe au statut culte. In The Woods… est de ceux-là, de ces groupes en constante évolution, passant allégrement d’un black avant-gardiste, ultra léché, spatial à des sonorités bien plus rock, prog’ et atmosphériques. Dans ce foisonnement, rares sont les combos à tirer leur épingle du jeu sur la durée, telle phase marquant davantage un recul, un reflux des idées qu’une véritable progression ambitieuse et, surtout, aboutie.

Cease The Day ne déroge pas à la règle, qui intervient donc après Heart of the Ages, premier effort du groupe, magique et marquant, très ancré dans le black, un Omnio spatial déjà en grande mue, grosses guitares et ambiances prog’ aventureuses, un Strange in Stereo franchement expérimental et un Pure plus nettement… rock. Cease The Day intervient donc dans cette progression, sur le segment à l’imagination débridée du groupe norvégien. Il s’impose comme un pont. Entre hier et aujourd’hui.

Cease The Day brasse de nouveau les influences, les envies, les ambiances. Empty Streets, première grosse pièce de plus de 9 minutes, plonge dans des textures qui alternent le lourd, la grosse guitare profonde et la lumière, l’aérien, notamment dans la voix. Le rythme lent sied parfaitement aux mouvances de l’architecture très prog’ du titre, comme certains des aspects mi-rock, mi-robotiques de la voix. L’atmosphère qui se dégage de ce premier titre est forte et, d’une certaine façon, dans le grain, dans l’esprit, dresse des ponts avec Heart of the Ages. On y retrouve ces ambiances de pluie, ce fond gris et ce phrasé mélancolique. Du black au rock, en un instant, dans une cohérence parfaite. Du mur de pluie au rai de lumière. Substance Vortex et Respect my Solitude emboitent le pas, avec leurs 7 et 6 minutes, sur des bases stylistiques identiques. Le black metal des débuts est là, tapi, surgissant par instants, appuyant les grattes très heavy pour dégager là encore un fond sonore opaque, suintant la nostalgie ou venant simplement créer l’aspérité au milieu d’un pont atmosphérique (le solo heavy ultra aérien sur Substance Vortex, les guitares saccadées et un brin dissonantes coupant la guitare sèche sur Respect… ou leur accélération en pont central).

Nimbé d’un son tout à la fois spatial, profond et lourd, Cease The Day donne à entendre la performance et les idées du combo. Les touches de claviers un brin sympho ressortent de façon naturelle (Strike Up with the Dawn) ; les guitares sonnent profondes, leur attaque est franche, nette et très audible ; la voix tranche bien dans le mix, ni trop mise en avant, ni trop noyée. Respect my Solitude ou Cloud Seeder sont ainsi des exemples frappant de la qualité du son, soyeux au possible, enveloppant mais suffisamment profond et lourd pour convoquer les racines metal du combo norvégien. Plus généralement, ce son dynamique offre à l’auditeur de saisir l’ensemble des informations dont les structures abondent tant la musique d’In The Woods… est dense.

Le pont avec le passé est encore plus nettement flagrant à l’évocation de Still Yearning, le 5ème titre, qui appelle en la cause, des années plus tard, le Yearning The Seeds Of A New Dimension qui ouvrait Heart of the Ages. Accords lourds, heavy et roulements de batterie, son profond et lumineux, atmosphères nocturnes, le passage de témoin s’opère sans à-coup. Mais l’avenir n’est pas non plus oublié, l’enchaînement avec Transcending Yesterdays et ses chœurs de foule ouvrant plus nettement sur le prog’, Pink Floyd et consorts que sur le metal à proprement parler. Pourtant, ce morceau synthétise encore parfaitement, à bien des égards, les ambiances black de Heart of the Ages avec les développements plus récents du groupe, notamment dans la voix agressive et les attaques brutales de guitares.

Finalement, ce cerf au milieu de la ville correspond bien à l’image du combo. Comme une incongruité, une étrangeté au sein de la scène metal. Cease The Day réussit le tour de force de réunir le glorieux passé du groupe et son ambitieux avenir. Cease The Day, comme annoncé, est plus qu’un disque. C’est bien un pont.

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In The Woods...
Black metal, prog'
2018 - Debemur Morti Productions
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs : (2)  8/10
Webzines : (6)  7.2/10

plus d'infos sur
In The Woods...
In The Woods...
Black metal, prog' - 1991 - Norvège
  

tracklist
01.   Empty Streets
02.   Substance Vortex
03.   Respect My Solitude
04.   Cloud Seeder
05.   Still Yearning
06.   Strike Up with the Dawn
07.   Transcending Yesterdays
08.   Cease the Day

Durée : 53:32

parution
23 Novembre 2018

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