chargement...

haut de page

My

Remontez pour accéder au menu
130 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Nawaharjan - Lokabrenna

Chronique

Nawaharjan Lokabrenna
Hermétique. C’est définitivement le meilleur qualificatif à coller sur ce disque. Du nom du groupe, que l’on croirait sorti de la carte des entrées d’un restaurant Indien, passant par la pochette, sublime dans son dépouillement, jusqu’à ce que la galette nous conte, tout, sur "Lokabrenna" , ramène au mystère, à l’interdit, tout ce qui nous échappe. On aurait presque l’impression que ce qui se joue sur cet album n’est pas fait pour nous. Nous dépasse.

Ainsi, le concept de l’album serait, apparemment, très fouillé, fort détaillé, autour de la déesse Germanique Sinmara, une histoire de neuf verrous brisés, représentés par les neuf titres de l’album, nécessaires à l’atteinte de je-ne-sais-quelle sorte d’illumination… Fouillis ? Apparemment pas. Même si, pour être tout à fait honnête, ce "Dark Germanic Heathenism" n’a, pour moi, jamais été autre chose qu’une excuse pour tartiner ses visuels de salades de runes et de swastikas, il n’en reste pas moins que ce jusqu’au-boutisme revendiqué participe grandement à la cohérence des ambiances développées sur les pistes.

Point de langue de bois non plus concernant le contenu purement musical de "Lokabrenna". Disons les choses simplement : c’est un sacré bon disque. Nul besoin d’avoir pris mythologie germanique en option obligatoire pour apprécier l’étendue du talent des Teutons, des compositions jusqu’à leur exécution. Leur puissance évocatrice, ainsi que le chemin parcouru par le groupe, cueillent immanquablement l’auditeur. «‘de Dieu, mais qu’est-ce que c’est que ça ?»

Parce que Nawaharjan s’est fait attendre : Silence radio depuis 2011, et la sortie d’un unique EP, couronné d’un beau succès d’estime. Huit ans de gestation pour un beau et gros bébé, qui sort ce mois-ci chez Amor Fati. Pour faire simple, "Lokabrenna" sonne comme l’Arckanum que j’espérais trouver, après la sortie de "Antikosmos" : un Black Metal qui sait développer des ambiances brumeuses, de boue humide et d’encens mêlés, au travers de riff qui provoquent immanquablement un serrage de poings chez l’auditeur – la marque de la qualité, diront certains.

Prenez un titre comme « Sunjo (Realization) », écoutez-le, et osez me dire que vous n’êtes pas cueillis par la qualité de ce motif ! D’autant que la production de l’ensemble ne gâche rien. Vu le contenu de la promotion faite autour de cet opus, je m’attendais à un énième disque dissimulant son manque d’idées derrière une production infâme. Que nenni ! Le son est ici d’une puissance absolument redoutable. Les graves sont graves, la batterie, imposante à souhait, finit de donner du relief aux riffs, tantôt en blocs (dès l’ouverture, «Warassuz (Awareness) », qui sonne justement comme un Arckanum sous stéroïdes), tantôt papier de verre (la déchirante clôture de « Skuwwe (Reflection) », solo en tapping sur lit de grésillements, soutenu par une cymbale ride perçante) décrivant par le menu une mythologie cryptique à souhait. Le sens du tempo est également indéniable. Nawaharjan galope quand il le faut, pour renforcer le torrent des guitares, comme sur la seconde moitié de « Maino (Intention) », foudroyante d’intensité, mais sait varier son jeu en ponctuant ses saillies d’instants plus posés («le mid-tempo de « Thwernhanassuz (Opposition) », prétextes au chanteur pour démonter toute la puissance de son organe. Vociférant, grondant, scandant, difficile à comprendre (à l’image du disque, finalement), certes, mais sa ferveur de mystagogue autoproclamé ne peut que saisir.

Sans faute ? Pas loin. Pour celui qui aime chercher la rune tracée dans le mauvais sens, quelques petites longueurs éparses sont à noter, écueil difficile à éviter sur un disque de près d’une heure. Oui, « Skuwwe (Reflection) » souffre d’un petit passage à vide en milieu de titre (mais rattrapé par son final), oui, le blast-beat un poil plan-plan de « Umbibrautiniz (Transformation) » casse un peu la dynamique du titre… Mais ce ne sont que des gouttes d’eau dans un océan d’indéniables qualités. "Lokabrenna" surprend, par sa cohérence, sa conviction. Nawaharjan transforme l’essai en proposant un premier full-length pensé et exécuté pour ceux qui aiment leur Black Metal quand il est sophistiqué dans les thématiques abordées, et redoutable dans l’exécution.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

4 COMMENTAIRE(S)

Fabulon citer
Fabulon
24/03/2020 10:01
note: 8.5/10
Vraiment captivant cet album, qui reste intense même quand le groupe relâche un peu la pression sur les passages jouant plus sur les ambiances.

Et quelle virtuosité, ça joue bordel!
Funky Globe citer
Funky Globe
11/03/2020 08:58
Encore une belle claque. J'aime ce retour à une production "à l'ancienne", sans fioriture mais d'une efficacité redoutable.
gulo gulo citer
gulo gulo
05/02/2020 12:07
note: 8/10
Un mot pour décrire leur black : "passionné".
Ah, et quand même un autre pour dire : putain de son de guitare qui lave le cul.
Fabulon citer
Fabulon
05/02/2020 11:45
note: 8.5/10
Voilà qui donne envie!

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Nawaharjan
notes
Chroniqueur : 8.5/10
Lecteurs : (3)  8.33/10
Webzines : (2)  7.5/10

plus d'infos sur
Nawaharjan
Nawaharjan
Black Metal - Allemagne
  

tracklist
01.   Warassuz  (02:45)
02.   Maino  (04:00)
03.   Skuwwe  (09:23)
04.   Ūtfurskō  (06:46)
05.   Sunjo  (06:16)
06.   Thwerhanassuz  (05:46)
07.   Umbibrautiniz  (10:24)
08.   Thrawo  (06:28)
09.   Hradjungo  (07:30)

Durée : 59:18

parution
20 Février 2020

Essayez aussi
Kawir
Kawir
Adrasteia

2020 - Iron Bonehead Productions
  
Zhrine
Zhrine
Unortheta

2016 - Season Of Mist
  
Cénotaphe / Circle Of Ouroborus
Cénotaphe / Circle Of Ouroborus
Cénotaphe / Circle Of Ouroborus (Split 12")

2018 - Final Agony Records
  
Wolfnacht
Wolfnacht
Ypervoreia

2017 - IG Farben
  
Khragkh
Khragkh
Ersatz

2017 - Autoproduction
  

Moongates Guardian
Cold Waters of Anduin
Lire la chronique
Manilla Road
Crystal Logic
Lire la chronique
Gorezone
Implexaeon
Lire la chronique
Exhumed
Horror
Lire la chronique
Regarde Les Hommes Tomber
Ascension
Lire la chronique
Tan Kozh - Les anciens feux
Lire l'interview
Aodon
11069
Lire la chronique
Caustic Wound
Grinding Terror (Démo)
Lire la chronique
Deveikuth
Cadavre
Lire la chronique
Saint Vitus
Saint Vitus
Lire la chronique
Borgne
Y
Lire la chronique
Cenotafio
Larvae Tedeum Teratos
Lire la chronique
Maere
I (EP)
Lire la chronique
Orphalis
The Approaching Darkness
Lire la chronique
Slaughter Messiah
Cursed to the Pyre
Lire la chronique
Code Orange
Underneath
Lire la chronique
Pearl Jam
Vitalogy
Lire la chronique
Solothus
Realm of Ash and Blood
Lire la chronique
Myrkur
Folkesange
Lire la chronique
Trauma
Ominous Black
Lire la chronique
Ruin Lust
Choir Of Babel
Lire la chronique
Ripper
Sensory Stagnation (EP)
Lire la chronique
Nibiru
Salbrox
Lire la chronique
Sink
The Holy Testament (Compil.)
Lire la chronique
Church Of Disgust
Consumed By Slow Putrefacti...
Lire la chronique
Lvcifyre
Sacrament (EP)
Lire la chronique
ALL #2 - L'incantation par le sang
Lire le podcast
Sarcofago
Crust (Rééd.)
Lire la chronique
Court Of Chaos Festival
Lire l'interview
Amnutseba
Emanatism
Lire la chronique