chargement...

haut de page

My

Remontez pour accéder au menu
200 visiteurs :: Invité  » se connecter  » s'enregistrer

Dynfari - Myrkurs Er þörf

Chronique

Dynfari Myrkurs Er þörf
Depuis ses débuts il y'a dix ans le duo originel Jóhann Örn et Jón Emil a creusé son propre sillon sans faire de bruit, et en se situant toujours bien à part au sein d'une scène Islandaise désormais reconnue et appréciée à travers le monde. Si musicalement le binôme a principalement misé sur les ambiances et les atmosphères au détriment de la violence pure, celle-ci n'a jamais été absente des débats et sait se faire discrète pour mieux revenir quand on ne l'attend pas. En effet elle réapparaît régulièrement sur le devant de la scène après de longues plages instrumentales de toute beauté, où tristesse, mélancolie et rêverie sont de la partie, et où se mêlent à une voix qui passe par tous les états possibles, notamment quand les paroles sont écrites dans la langue natale des deux acolytes. Avec ce cinquième opus le désormais quatuor continue sur sa lancée sans changer grand-chose, mais en arrivant paradoxalement à se réinventer tout en conservant sa ligne de conduite, sans pour autant donner la sensation de s'épuiser ou de se répéter. Si évidemment les fans de brutalité pure auront déjà passé leur chemin, ceux qui feront preuve de suffisamment d'ouverture d'esprit trouveront ici leur bonheur, avec un disque (à l'instar des précédents) parfait pour se détendre et voyager avec délice au sein du pays des geysers, une situation bien agréable en ces moments de confinement excessif (période dont il risque d'avoir du mal à se relever - comme de nombreuses autres nations).

Cette invitation propice à la rêverie va d'ailleurs démarrer de la meilleure des façons via l'instrumental « Dauðans Dimmu Dagar » où les arpèges les plus doux se mêlent aux nappes de claviers brumeuses et mystérieuses, et d'où un tempo lent et aérien aide l'ensemble à gagner en profondeur. Porté par une météo pluvieuse et triste ce titre d'ouverture donne le ton de ce que sera la suite à venir, qui va se montrer très homogène et équilibrée, sans jamais faiblir ni montrer de redondance notable. Preuve en est dans la foulée avec le doux et plaintif mais aussi rythmé « Langar Nætur (í Botnlausum Spíralstiga) », où le chant désespéré semble être à la fois une demande et un hommage aux dieux anciens, sans pour autant savoir s'il s'agit de Thor, Odin ou Freyja. Voyant l'apparition d'un soupçon de brutalité et d'un solo fin et harmonieux (ce qui sera une constante pour les leads particulièrement fluides) cette compo montre toute la palette de jeu des nordiques, et surtout leur faculté à faire une musique élaborée mais jamais pompeuse ni kitch, à l'instar de la plage suivante la très inspirée « Myrkurs Er þörf ». Continuant sur cette impression religieuse entrevue auparavant (via des parties vocales qui donnent la sensation de réciter une prière), on y perçoit surtout l'émergence de la lumière, tant le soleil semble réapparaître après avoir vu la brume se dissiper pour une période assez courte. En effet bien qu'étant moins sombre que ce qui a été entendu cette composition ne met pas pour autant la luminosité sur un piédestal vu qu'avec « Ég Fálma Gegnum Tómið » le brouillard a déjà repris sa place, afin de ne pas laisser le temps à l'espoir de s'installer, même si celui-ci demeure vu qu'au milieu de tout cela des notes claires émergent des ténèbres, telles un phare dans la nuit.

Afin de faire la transition entre cette très bonne première partie et la seconde, l'interlude planant « Svefnlag » (visiblement inspiré par l'oeuvre de SIGUR ROS) tombe à pic, avant que ne retentisse « Ég Tortímdi Sjálfum Mér » où tout le panel d'influences va être mis en avant. Si son démarrage se fait par des arpèges jouant dans le néant et par une rythmique toujours aussi bridée et lente, la suite va monter crescendo et voir ainsi la vitesse augmenter enfin sur la longueur, histoire d'offrir une éclaircie durable et presque définitive. Cela est le cas de « Peripheral Dreams » qui va amener un coup de pied dans la fourmilière, autant par ses dix minutes intenses que via ses nombreuses variations de tempo bienvenues et qui ne tombent jamais à plat. Jouant les montagnes russes au niveau de la pression comme au sein de l'intensité (vu que ça oscille entre lourdeur assumée et tabassage pressurisé), tout cela finit par exploser telle une éruption volcanique de grande ampleur (comme celle du Laki au XVIIIème siècle), avant de desserrer son étreinte pour constater les dégâts causés. Mais comme après le chaos il y'a le renouveau cela trouve son raccord idéal sur le magnifique « Of Suicide And Redemption » (au nom parfaitement en raccord), qui donne la sensation d'une renaissance en marche, et montre que l'ordre de la setlist n'a pas été choisi au hasard.

Il est en effet appréciable que cette expérience sensorielle n'ait pas été troublée par des éléments extérieurs perturbateurs, autant que par une chronologie faite dans le désordre et qui aurait fini par faire croire à un ensemble décousu, ce qui heureusement ici n'est pas le cas. Ayant gommé les erreurs de jeunesse présente sur ces trois premiers long-format (parties étirées inutilement et longueur générale trop élevée) la formation montre aujourd'hui son meilleur visage et son travail le plus abouti, qui prouve à son label de toujours qu'il a bien fait de la soutenir depuis de nombreuses années. S'il y'a fort à parier que celle-ci ne franchira pas un cap supérieur malgré ce travail soigné, professionnel et appliqué, il faut néanmoins saluer la qualité intrinsèque de cette expédition en terre inconnue qui fait passer par toutes les émotions, même si le côté légèrement "enfantin" et "accessible" pourra en agacer certains, tout en plaisant à d'autres, confirmant qu'on ne fait jamais l'unanimité, qui que l'on soit.

DONNEZ VOTRE AVIS

Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.

2 COMMENTAIRE(S)

Jean-Clint citer
Jean-Clint
14/05/2020 13:30
Fabulon a écrit : Jean-Clint, ambassadeur d'Islande en FranceSourire

Ahah ça pourrait oui ! Clin d'oeil
Fabulon citer
Fabulon
14/05/2020 10:02
Jean-Clint, ambassadeur d'Islande en FranceSourire

AJOUTER UN COMMENTAIRE

 
Vous devez être enregistré(e) et connecté(e) pour participer.
Dynfari
Black Metal Atmosphérique
2020 - Code666
notes
Chroniqueur : 7.5/10
Lecteurs :   -
Webzines :   -

plus d'infos sur
Dynfari
Dynfari
Black Metal Atmosphérique - 2010 - Islande
  

tracklist
01.   Dauðans Dimmu Dagar
02.   Langar Nætur (í Botnlausum Spíralstiga)
03.   Myrkurs Er þörf
04.   Ég Fálma Gegnum Tómið
05.   Svefnlag
06.   Ég Tortímdi Sjálfum Mér
07.   Peripheral Dreams
08.  Of Suicide And Redemption

Durée : 47 minutes

line up
parution
17 Avril 2020

voir aussi
Dynfari
Dynfari
Vegferð tímans

2015 - Code666
  

Essayez aussi
Borgne
Borgne
Royaume des Ombres

2012 - Sepulchral Productions
  
Eternal Valley
Eternal Valley
The Falling Light

2018 - Northern Silence Productions
  
Imperium Dekadenz
Imperium Dekadenz
When We Are Forgotten

2019 - Napalm Records
  
Evilfeast
Evilfeast
Lost Horizons Of Wisdom

2008 - Nykta Records
  
Selvans
Selvans
Faunalia

2018 - Avantgarde Music
  

Smile
What a Wonderful World (EP)
Lire la chronique
Fange
Poigne (EP)
Lire la chronique
Electric Wizard
Let Us Prey
Lire la chronique
Crowbar
Odd Fellows Rest
Lire la chronique
Dawn of Nil
Culminating Ruins
Lire la chronique
Sombre Héritage
Alpha Ursae Minoris
Lire la chronique
Candiria
Surrealistic Madness
Lire la chronique
Devouring Void
Septic Fluid Dripping From ...
Lire la chronique
Vaal
Visioen Van Het Verborgen Land
Lire la chronique
Mourning Beloveth / The Ruins Of Beverast
Don’t Walk on the Mass Grav...
Lire la chronique
Lifeless Dark
Who Will Be The Victims? (D...
Lire la chronique
Bait
Revelation Of The Pure
Lire la chronique
Mora Prokaza
By Chance
Lire la chronique
Meurtrières
Meurtrières (EP)
Lire la chronique
Irae
Lurking in the Depths
Lire la chronique
Death Courier
Necrotic Verses
Lire la chronique
Bašmu
Enshrined In Eternity
Lire la chronique
Exocrine
Maelstrom
Lire la chronique
Cryptic Shift
Visitations from Enceladus
Lire la chronique
Bezwering
Aan De Wormen Overgeleverd
Lire la chronique
Odiosior
Odiosior (EP)
Lire la chronique
Non Serviam
Le Cœur Bat
Lire la chronique
Hum
Inlet
Lire la chronique
Nexion
Seven Oracles
Lire la chronique
Mosaic
Secret Ambrosian Fire
Lire la chronique
BLACK METAL qui parle de virus !
Lire le podcast
Gloom
Rider of the Last Light
Lire la chronique
Witchcraft
Legend
Lire la chronique
Front
Antichrist Militia (EP)
Lire la chronique
Pearl Jam
Binaural
Lire la chronique