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Afterbirth - Four Dimensional Flesh

Chronique

Afterbirth Four Dimensional Flesh
Avec Afterbirth, j'en étais resté à ce groupe éphémère, parmi les pionniers du slam death. Quelle ne fut donc pas ma surprise à l'écoute de ce Four Dimensional Flesh sorti en 2020 sur Unique Leader ! Je ne savais même pas que les New-Yorkais s'étaient reformés ! Leur réunion date pourtant de 2013, le combo ayant sorti une démo l'année suivante (dont le titre "Spiritually Transmitted Disease" se trouve repris ici) ainsi qu'un premier album The Time Traveler's Dilemma en 2017 déjà chez Unique Leader.

Alors pourquoi surprise ? Parce que Four Dimensional Flesh présente un groupe très différent de celui qui avait sorti deux démos dans la première moitié des années 1990, regroupées sur la compilation Foeticidal Embryo Harvestation parue en 2013 via Pathos Productions. La jolie pochette typée roman d'anticipation des années 1970/1980 aux couleurs jaunes-marrons intriguait déjà fortement. Pourtant, pas de changement de logo ni de personnel, le line-up restant identique à celui d'origine avec Cody Drasser à la guitare, David Case (Helmet) à la basse et Keith Harris à la batterie. À l'exception bien sûr du chanteur Matt Duncan qui s'est donné la mort en 2016, remplacé depuis par Will Smith (Artificial Brain, Buckshot Facelift, ex-Biolich). Un hommage lui est d'ailleurs rendu dans le livret. S'il n'y a donc pas eu de gros remaniement de personnel, l'évolution musicale s'avère frappante. Afterbirth passe ainsi d'un slam death à la new-yorkaise aux thématiques gores à un death metal plus progressif et atmosphérique qui parle d'Espace et de science-fiction.

Un groupe de brutal death qui évolue ?! Voilà qui n'est pas banal. Et vous savez quoi ? C'est franchement réussi. Tout le charme de l'opus se trouve dans le contraste jouissif qu'il propose, entre beauté de l'Univers et angoisse cosmique. D'un côté, un aspect atmosphérique, aérien, dont l'ambiance spatiale dégagée s'avère assez prenante. Cela peut venir de belles leads mélodiques, de riffs plus "légers", de claviers discrets ou encore de bruitages. Les Américains vont jusqu'à intégrer quatre plages instrumentales certes courtes mais qui renforcent le climat parfois planant, parfois plus menaçant du disque : la lancinante "Girl in Landscape", "Minimum Safe Distance" et sa rythmique entraînante, l'acoustique "Dreaming Astral Body" avec ses saveurs jazzies et le morceau-titre "Four Dimensional Flesh" qui clôt l'œuvre en jonglant entre patterns groovy et séquences éthérées. De l'autre côté, une face plus terre-à-terre, brutale et grasse. Car non, même s'il nous présente un visage beaucoup plus mélodique et diversifié, Afterbirth n'a pas tout abandonné de son ancienne incarnation. Il conserve encore un noyau brutal death slammy made in NYC. Par le biais de riffs groovy huileux qui viennent régulièrement neuneuiser le débat, notamment. Il y a surtout ce chant, borborygme ultra guttural bien dégueulasse à la Devourment qui suinte tout du long même si quelques growls un peu plus déchiffrables ainsi que quelques intonations plus criardes apparaissent en de rares occasions. Si tout le monde n'appréciera pas ce type de vocalises extrêmes et pourrait donc ne pas accrocher à l'album à cause de cela, ce sont bien elles qui apportent le plus gros contraste, qui tranchent le plus avec l'évolution atmosphérique/progressive du combo. Ma préférence va d'habitude aussi aux growls plus puissants et intelligibles, néanmoins il faut avouer que Four Dimensional Flesh n'aurait pas eu la même saveur avec des vocaux death plus classiques. Et dans l'ensemble, le death metal du quatuor de Long Island reste assez musclé, avec un apport technique plus important qu'à leurs débuts. Ça blaste même régulièrement. Cerise sur le gâteau, cette cowbell bien trippante si vous en êtes friands. Les parties les plus rapides font ainsi un effet bœuf, si bien que j'aurais bien voulu qu'elles prennent plus de place. On peut penser à Artificial Brain en moins furieux et dissonant voire à Wormed pour ce côté cochon dans l'Espace. Mais clairement, Afterbirth possède son truc à lui qui le démarque des autres et lui confère tout son attrait.

Une originalité qui, pour une fois chez moi, convainc totalement, même s'il ne s'agit pas de mon genre de death metal de prédilection. Il faut dire aussi que le riffing se montre de grande qualité, que ce soit les motifs simples groovy ou headbangants ou quand les musiciens complexifient un peu plus les choses. Le fameux feeling répond présent. On croisera certes une poignée de riffs un peu trop saccadés/modernes voire jumpy mais rien d'horrible qui puisse s'apparenter au deathcore mélodico-technique plastique et stérile dont Unique Leader nous abreuve ces dernières années. Même la production, puissante et claire tout en restant organique, coche toutes les cases. Un son cristallin très agréable qui garde tout de même une certaine agressivité et qui met tous les instruments dans les meilleures conditions. À noter d'ailleurs la présence intéressante de la basse, autre bon point à ajouter à la longue liste des ingrédients qui font de ce Four Dimensional Flesh une très bonne surprise et une franche réussite. C'est varié, ça riffe bien, ça bourre, ça groove, ça ambiance, ça fait voyager, ça joue technique sans en faire trop, il y a vraiment de quoi faire sur ce nouveau chapitre d'Afterbirth qui n'a jamais semblé aussi éclatant. Sacrée renaissance !

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4 COMMENTAIRE(S)

Bras Cassé citer
Bras Cassé
22/02/2021 19:56
note: 8/10
Tres jouissif, en effet
Keyser citer
Keyser
20/02/2021 11:37
note: 8/10
Ander a écrit : Un peu de mal à déchiffrer ces borborygmes au début mais maintenant il passe crème, l'affiliation avec Artificial Brain s'estompant au fil des écoutes. Certaines interludes (3 et 6) laisse un goût d'inachevés (3 et 6) et auraient pu être d'excellent points de départ pour de vrai morceaux, en tout cas je le ressens comme ça.

Par contre la prod' surtout, si tu compares avec le premier (qui a été produit par Joe Cincotta), manque un peu de cajoles mais avec Colin Marston on est habitués.

Déçu de voir personne repérer le featuring sur la piste 7, et pas des moindres, mas je laisse un peu de suspens. Sourire


Exact, j'ai complètement oublié d'en parler, merci pour le rappel ! Donc le grand John Paoline (MDK) vient effectivement pousser la chansonnette sur ce morceau.
Ander citer
Ander
19/02/2021 18:44
note: 8/10
Un peu de mal à déchiffrer ces borborygmes au début mais maintenant il passe crème, l'affiliation avec Artificial Brain s'estompant au fil des écoutes. Certaines interludes (3 et 6) laisse un goût d'inachevés (3 et 6) et auraient pu être d'excellent points de départ pour de vrai morceaux, en tout cas je le ressens comme ça.

Par contre la prod' surtout, si tu compares avec le premier (qui a été produit par Joe Cincotta), manque un peu de cajoles mais avec Colin Marston on est habitués.

Déçu de voir personne repérer le featuring sur la piste 7, et pas des moindres, mas je laisse un peu de suspens. Sourire
Astraldeath citer
Astraldeath
19/02/2021 14:53
"Atmospheric Progressive Brutal Slam Death Metal" j'avoue que c'est ça qui m'a poussé à l'écoute. Mr Green Mais c'est surprenamment bien oui. Sourire

Par contre, j'adore le verbe "neuneuiser" ah ah !

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Afterbirth
Atmospheric Progressive Brutal Slam Death Metal
2020 - Unique Leader Records
notes
Chroniqueur : 8/10
Lecteurs : (3)  8.17/10
Webzines :   -

plus d'infos sur
Afterbirth
Afterbirth
Atmospheric Progressive Brutal Slam Death Metal - 1993 - Etats-Unis
  

tracklist
01.   Beheading the Buddha  (02:34)
02.   Spiritually Transmitted Disease  (04:13)
03.   Girl in Landscape (instrumental)  (02:28)
04.   Everything in Its Path  (04:01)
05.   Never Ending Teeth  (03:47)
06.   Minimum Safe Distance (instrumental)  (01:13)
07.   Rooms to Nowhere  (04:38)
08.   Swallowing Spiders  (04:06)
09.   Dreaming Astral Body (instrumental)  (01:33)
10.   Black Hole Kaleidoscope  (05:00)
11.   Four Dimensional Flesh (instrumental)  (01:54)

Durée : 35:27

line up
parution
13 Mars 2020

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