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Anaptosis + Cenotaph + Gorgasm + Unbirth + Darkall Slaves

Live report

Anaptosis + Cenotaph + Gorgasm + Unbirth + Darkall Slaves Le 01 Juillet 2019 à Paris, France (Gibus)


GORGASM et CENOTAPH qui reviennent à Paris un an après pour une date commune, si ce n'est pas la date Brutal Death de l'année, ça y ressemble en tout cas fortement ! D'autant que ces deux monstres de la scène BDM ont amené dans leur valises les costauds transalpins d'UNBIRTH ainsi que les quasi-vétérans français de DARKALL SLAVES et les jeunes pousses d'ANAPTOSIS. Et tout ça dans la salle mythique du Gibus, avec la clim' (ouf !).

Cinq groupes c'est beaucoup alors il faut commencer tôt. Ça démarre donc dès 18h30 avec ANAPTOSIS dont je n'avais jamais entendu parler. Les Parisiens pratiquent un brutal death à fortes tendances slam et core, ce dont on pouvait déjà se douter en voyant le nom du groupe, le logo, le look du chanteur ou encore l'orga Suden Promotions, friande de ce style. C'est donc ultra neuneu et tout à fait adapté au live. On a le droit à quelques parties bourrues assez chaotiques mêlées à beaucoup de slam/mosh/breakdown parts. Rien d'original, c'est même plutôt répétitif et limité mais ce groove simiesque de rue s'avère plutôt efficace. Le son est correct et on passe un moment pas déplaisant dans une ambiance bon enfant, à l'image de ces quelques kids fans de Jean-Claude van Damme faisant leur gymnastique dans la fosse très clairsemée. À noter la distribution de bananes parce que bien manger c'est important et une reprise de Cerebral Incubation (si j'ai bien entendu) pour rester dans la musique d'intellectuels.

Un peu plus de monde pour DARKALL SLAVES mais ce n'est pas non plus la folie. Eh oui c'est lundi et en plus il y a Corrosion of Conformity qui joue le même soir après une très longue absence. Techniquement, on change de division. Les Lillois ne sont pas descendus pour trier les lentilles. Ça ne blague pas du tout et ça joue grave même si on ne comprend pas grand chose à ce qui se passe, la faute à un son des plus brouillons empêchant de distinguer correctement les riffs pendant les passages rapides, soit la majeure partie du show. Le Brutal Death de DARKALL SLAVES se veut en effet radical, on pense à des groupes comme Deeds of Flesh, Internal Suffering, Guttural Secrete, Origin, etc. Et les nouvelles compositions me font de plus en plus penser à du Defeated Sanity. Alors oui, j'avais été dur à la sortie de leur premier full-length plus typé Disgorge après un deux-titres mené tambour battant. En live toutefois, comme l'année dernière au Klub déjà en première partie de Cenotaph, je n'ai pas eu le même ressenti. C'est une tornade de brutalité que l'on se prend avec plaisir dans la tronche et même si le combo ralentit de temps en temps le tempo sur des breakdowns gras et groovy qu'attendent impatiemment quelques excités du KDS, c'est bien une sacrée violence qui se dégage de la prestation. Préférence pour le set de DARKALL SLAVES au Klub dans des conditions plus intimistes et propices, néanmoins pouce levé car les formations françaises évoluant dans ce style exigeant ne sont pas légion.

Setlist :

Portentuous Foreshadowing
Litany of Martyrs
Transcendental State of Absolute Suffering
Cacophrenic Apperceptions
Marks Of Ritualistic Defacement
Abysses of Seclusion
Ingluvious Depravities
Mindless Damnation
Dirges for Unequivocal Torture

Ce devait être au tour de UNBIRTH de fouler les planches du Gibus, c'est finalement CENOTAPH qui prend le relais des Français. Les Italiens ont eu un problème de van et se trouvent encore sur la route. Dommage, je venais aussi pour eux, en espérant qu'ils arrivent à temps. On remarque quelques changements depuis la dernière venue des Turcs dans la Capitale puisque c'est Mattis, le guitariste à casquette de DARKALL SLAVES qui a été recruté et enchaîne donc deux shows (chapeau !). À la batterie ce serait le Suisse Florent des prometteurs Anachronism qui prend place sans que je puisse le confirmer. Peu importe, le combo d'Ankara a livré une prestation similaire à celle du Klub l'année dernière. Ce fut donc tout à fait plaisant même si encore une fois, le gig de la petite salle de Châtelet m'a davantage marqué. À nouveau un son médiocre et une ambiance tiède (à part les deux-trois ninjas) due au manque de public m'ont quelque peu échaudé. Rien de catastrophique cela dit, on passe tout de même un bon moment à voir ces vétérans de la scène ottomane balancer leur brutal death US entre Disgorge, Suffocation et Defeated Sanity pour les compositions les plus récentes. Et c'est toujours un plaisir de retrouver Batu Çetin, le petit frontman chauve du combo et sa longue barbe nouée. Sa gestuelle sur scène me fait plus penser à un fan dans la fosse qu'à un artiste sur scène. C'est ce qu'il est après tout Batu, un fan. Un fan passionné qui se la donne même après vingt-cing ans de carrière, qu'il joue devant 2 000 personnes ou trois pelés et un tondu. Je n'apprécie pas tout le temps son chant quand il se fait plus "gargouillis" sur les anciens morceaux, préférant ces intonations plus compréhensibles. Néanmoins le bonhomme possède un gros capital sympathie chez moi et s'adresse volontiers au public avec de grands sourires. Pas mal de titres joués extraits du dernier album (leur meilleur !), sans oublier le reste de la discographie bien remplie du groupe. Du bourrin, du groove, de la technique, des changements de rythme, du tchouka-tchouka thrashy, du blasts, du semi-blasts, des slam parts, un peu d'ambiance dark, bref la panoplie de ce que propose le brutal death à l'américaine dont CENOTAPH n'a jamais dévié. Une intégrité qui force le respect.

Ah bah finalement ils sont là les Italiens ! Gros soulagement, ça m'aurait peiné de ne pas les voir. En deux albums, UNBIRTH a réussi à s'imposer comme un groupe qui compte. Le dernier opus Fleshforged Columns of Deceit est une petite tuerie de Brutal Death US qui a fait franchir un gros cap au groupe après un premier longue-durée prometteur mais encore un peu plan-plan. Ça ne transpire pas l'originalité, on sent qu'ils aiment beaucoup Suffocation et Deeds of Flesh mais alors ça bute méchamment. J'étais donc curieux de voir le résultat en live. Si ça commence mal en voyant qu'ils ont oublié leur batteur (il a en fait eu un accident de moto avant la tournée), remplacé au pied levé par une boite à rythme, et qu'un gratteux fait plus penser à un campeur père de famille qu'à un musicien de Brutal Death, les t-shirts arborés par les membres (Beheaded, Orphalis, Syphilic et Demiurgon avec lequel il partage un guitariste) me font dire qu'on ne devrait quand même pas trop rigoler ! Putain non, on s'en est pris une bonne dans les gencives ! On a entendu mieux, en particulier sur les passages les plus véloces où les riffs ne s'avèrent pas toujours très distincts si on ne tend pas l'oreille, mais UNBIRTH a dû bénéficier du moins mauvais son de la soirée, même en tenant compte de la BAR, pas si dérangeante au final. Une réussite déjà ! Et puis les mecs sur scène se donnent à fond et montrent qu'ils sont contents d'être là malgré les péripéties de tournée. Elles ont dû au contraire leur donner la rage, leur prestance scénique ayant été la plus convaincante du soir. Ça joue grave dans tous les secteurs, le jeune bassiste tout sourire est incroyable et le chanteur en impose, de par sa grande taille très supérieure à ses camarades, son charisme et son growl puissant. On aurait par contre pu faire sans sa tendance irritante à toujours se remettre les cheveux en place. Quoiqu'il en soit et en dépit d'un côté un peu répétitif inhérent au style, UNBIRTH a dû se faire de nouveaux fans en déployant tout ce qu'on aime dans le Brutal Death : de l'intensité, de la technique, de l'énergie, du groove et de vrais bons riffs.

Voir une fois GORGASM à Paris tenait déjà du rêve devenu réalité. Les revoir une deuxième fois dans la Capitale à peine un an plus tard, c'est carrément un miracle ! Les Américains semblent avoir décidé de mettre les bouchées doubles sur les tournées et on ne va pas s'en plaindre. Cela a cependant eu des conséquences sur leur line-up puisque le très sympathique bassiste Anthony Voight a dû se retirer, remplacé par le Russe Anton Zhikharev (Neurogenic, Fleshbomb, Back Door To Asylum, ex-Posthumous Blasphemer ...). GORGASM a également accueilli deux autres nouveaux membres l'année dernière, le guitariste Sasha Chrosciewicz (ex-Incinerate) et le batteur Matt Kilner (Iniquitous Deeds) mais je ne me rappelle pas si ceux-ci faisaient déjà partie de la troupe au Klub en 2018. En gros c'est encore un tout autre groupe, toujours mené par l'indéboulonnable Damian Leski (aussi chanteur de Broken Hope depuis leur reformation). Je mets les pieds dans le plat tout de suite, j'ai été déçu de la prestation du combo, pourtant l'un de mes préférés dans le Brutal Death. Je vais me répéter mais le son n'est pas loin d'être catastrophique, les parties rapides sont inaudibles, ça résonne de partout vu qu'il n'y a pas foule (bon c'est quand même un peu plus rempli que pour les groupes précédents) et on n'entend pas non plus la caisse claire sur les blasts. Ça, c'est peut-être la faute du batteur qui ne sait pas jouer vite et taper fort en même temps sans trig, peu importe, ça m'énerve au plus haut point. Du coup l'intensité et la puissance se font moins ressentir et si on reste impressionné par la technique et la vitesse de jeu, on reste sur notre faim tant les morceaux ne dégagent pas la moitié de ce qu'ils dégagent sur les albums. C'est souvent le problème des groupes de Brutal Death tout feu tout flamme qui sonnent du feu de Satan sur galette mais peinent à reproduire la même chose sur scène. Le show au Klub s'était toutefois montré bien plus convaincant (tout comme celui au NDF il y a quelques années) alors on va mettre ça sur le dos des conditions d'un Gibus déserté et au son très souvent brouillon. Heureusement que GORGASM ralentit de temps en temps sur des breakdowns slammy, là on comprend enfin quelque chose. Les solos sont aussi à peu près audibles. Pour les riffs véloces blastés pourtant excellents et bien plus travaillés et mélodiques qu'il n'y paraît ce soir, on repassera par contre ! J'ai également trouvé le nouveau bassiste beaucoup trop timide. S'il participe au "three-way vocal attack" cher au groupe et que l'on reste admiratif de sa technique sur sa belle six-cordes, il manque clairement de prestance, plus concentré sur son jeu complexe qu'à s'éclater. Et comme il était placé au centre de la scène entre les deux guitaristes, ça n'a pas non plus aidé à apporter un peu de folie au gig. Par contre rien à dire sur les gratteux, que ce soit Sasha qui n'arrête pas d'headbanger ou Leski qui gratte ses cordes quasiment le poing fermé pour un jeu qui dégage une putain de violence à l'image de son physique de petit hargneux baraqué. Difficile aussi de se plaindre de la setlist qui fait la part belle aux deux meilleurs albums de la formation, l'expéditif Bleeding Profusely ("Lesbian Stool Orgy", "Bleeding Profusely", "Disembodied", "Severed Ecstasy") et l'ultra jouissif Masticate to Dominate ("Anal Skewer", "Seminal Embalment", "Deadfuck"). On appréciera aussi les quelques mouvements dans la fosse même si ça ne résume souvent qu'à du hardcore dancing sur les breakdowns alors que l'on est censés assister à un concert de Brutal Death. GORGASM enchaîne rapidement les morceaux souvent courts (en particulier ceux du premier disque), ne laissant que peu de temps mort. Leski s'adress juste de temps en temps aux Parisiens pour les motiver. On visite toute la discographie sans faute du combo (le plus "slammy" Orgy of Murder reste le moins indispensable mais il en ressort tout de même une sacrée efficacité et un groove de porc) et mine de rien, malgré les conditions peu satisfaisantes qui me laissent un goût amer, voilà que l'on s'approche déjà de la fin du set. Forcément, "Deadfuck"' résonne dans les enceintes pour la joie des quelques personnes le réclamant depuis le début ("one at a time, one at a time" leur répondra Leski). Une buterie absolue mais qui n'a malheureusement pas le même effet ce soir, comme tous les autres morceaux. Ça n'empêchera pas le quatuor de balancer une dernière salve avec "Severed Ecstasy" avant de nous laisser repartir rejoindre nos pénates sous la chaleur encore bien présente.

Setlist :

Dirty Cunt Beatdown
Starved for Perversion
Lesbian Stool Orgy
Anal Skewer
Stabwound Intercourse
Bleeding Profusely
Mouthful of Menstruation
Seminal Embalment
Infection Induced Erection
Disembodied
Exhibit of Repugnance
Deadfuck
Severed Ecstasy


Je ne serais pas franc si je ne parlais pas de déception ce soir. Si j'ai quand même passé un moment correct (rien que le fait de voir GORGASM me rend heureux), j'attendais malgré tout davantage d'une telle affiche. ANAPTOSIS a fait le boulot en ouverture dans un style limité mais néanmoins efficace, DARKALL SLAVES a brutalisé sauvagement l'assistance sans que l'on puisse capter quoi que ce soit à ce qui était joué, CENOTAPH a plutôt bien assuré mais il manquait quelque chose et GORGASM n'a pas bénéficié de conditions sonores propices à savourer ses compositions à l'excellent riffing, le batteur n'ayant pas non plus été dans un grand jour avec ses blast-beats sans caisse claire (la pire des choses). Finalement, alors qu'on pensait qu'ils ne pourraient pas venir, ce sont les Italiens de UNBIRTH qui m'ont le plus convaincu grâce à un son un peu moins chaotique et une belle attitude. On remercie tout de même Suden Promotions pour cette affiche inratable tout en se disant qu'elle n'a pas tenu toutes ses promesses et en regrettant le son très moyen ainsi que le manque de peuple et d'ambiance qui en découle. Un lundi, quoi !

3 COMMENTAIRE(S)

Keyser citer
Keyser
07/07/2019 11:03
Ander a écrit : Beau plateau encore une fois, et pure coïncidence, je me suis justement réécouté le deux titres de Darkall Slaves cette après-midi là. Dommage que le son n'ai pas été à la hauteur apparemment, mais bon c'est monnaie courante dans les gigs de metal extrême.

Tu sais si Gorgasm prépare quelque chose sinon? C'est qu'il commence à dater Destined To Violate!


J'en ai parlé au guitariste, ils vont d'abord se concentrer sur leur nouveau line-up, tourner pas mal, et après pourquoi pas mais ce ne sera pas pour tout de suite.
Ander citer
Ander
07/07/2019 09:01
Beau plateau encore une fois, et pure coïncidence, je me suis justement réécouté le deux titres de Darkall Slaves cette après-midi là. Dommage que le son n'ai pas été à la hauteur apparemment, mais bon c'est monnaie courante dans les gigs de metal extrême.

Tu sais si Gorgasm prépare quelque chose sinon? C'est qu'il commence à dater Destined To Violate!
Jean-Clint citer
Jean-Clint
06/07/2019 20:56
Sympa ce live-report, c'est clair que l'affiche donnait envie ! Clin d'oeil

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