Habituée à des sonorités plus sombres et introspectives, c’est avec un regard extérieur que je fais mes premiers pas à Lamure-sur-Azergues en ce 2 mai 2026, à l’occasion de la 6e édition du
DARK MEDIEVAL FEST. Entre folk, pagan et reconstitution médiévale, j’entre sur un terrain qui m’est moins familier, mais dont l’univers m’intrigue dès les premiers instants.
L’odeur du cuir, la fumée du forgeron, les chants et les animations du marché me plongent directement dans cet univers hors du temps. Dans les allées, le public se mêle aux artisans : certains portent fièrement costumes et maquillages, d’autres restent plus sobres, créant un mélange étonnant et plein de vie.
Avant même que les premières notes ne résonnent, le festival vit déjà pleinement. J’en profite pour flâner entre les stands. Le public observe les gestes précis des artisans, s’arrête devant l’animation en cours, porté par une ambiance à la fois festive et immersive. Curieux, passionnés, puristes ou simples visiteurs, tous se retrouvent dans ce même espace, créant un mélange de textures et de couleurs, du noir profond aux teintes plus inattendues, parfois presque pervenche.
Dans la vaste salle de concert, les stands de merch prolongent déjà l’expérience sensorielle liée à l’univers des groupes.
Vient le moment attendu de l’ouverture des portes.
LUGH, groupe lyonnais, ouvre le bal avec son « metal théâtral » inspiré de heavy, metal progressif et de death mélodique. L’ensemble nous propose de découvrir leur nouvel album
Légendes, un conte noir musical inspiré par le récit pyrénéen
« Les Braises » et le folklore breton.
Les musiciens nous entraînent
« entre chien et loup » à travers une entrée en matière immersive, entre narration et intensité musicale, qui installe progressivement le décor de la soirée. Ce n’est pas seulement un concert, c’est une expérience narrative et musicale. Un moment théâtral habité. Une belle énergie communicative.
Le groupe lillois de black folk metal,
SORCIÈRES, vient ensuite nous présenter son nouvel album
« La nuit des temps », sorti le 30 avril dernier. Le public se densifie progressivement. L’effervescence monte d’un cran. Porté par un mélange subtil entre noirceur black metal et sonorités folk, notamment grâce au violon, le groupe développe une atmosphère à la fois sombre et habitée, qui trouve facilement écho auprès de l’auditoire. Le chant impressionne immédiatement par sa puissance. Le set se termine sur
L’Auberge des Corps Perdus issu de leur premier album
Empoisonné (2021), point final d’une prestation maîtrisée ayant conquis le public. Sans conteste, l’un de mes plus grands coups de cœur de la journée !
Amputé de sa partie rythmique, le groupe de pagan death metal
ODRAEDIR fait le choix de maintenir sa prestation. Bien qu’ensuite interrompu par une panne électrique, les musiciens tchèques tirent partie de leur malchance et parviennent à livrer un set porté par une énergie brute, largement salué par le public présent. Leurs riffs death, directs et sans fioritures, et leurs refrains épiques renforcent la puissance de leur passage sur scène prouvant qu’ils ont su tenir bon malgré les galères.
Avec les Espagnols de
FROZEN SHIELD, la dynamique du fest change. Le groupe de symphonic viking metal de Barcelone, pour son premier passage en France, propose une prestation intense et fédératrice, portée par l’effervescence du public. La foule danse, bouge et le chanteur descend même au contact du public. Je suis complètement captivée par l’énergie de ce groupe. C’est une excellente surprise !
AEXYLIUM, qui joue pour la première fois en France, apporte une touche très folk et lumineuse à la soirée portée par une énergie scénique ainsi qu’une importante dimension conviviale et festive. Costumes, maquillages et accessoires permettent de s’immerger dans leur monde musical. L’alternance entre les deux chanteurs, entre chant clair féminin et passages plus gutturaux masculins, apporte également un équilibre au groupe. Le public, entraîné dans ce tourbillon énergique, danse et chante : une vraie symbiose collective.
Retour à un univers plus sombre avec
DARKENHÖLD, qui s’inscrit dans la veine de formations telles que Véhémence, Aorlhac... Leur black metal médiéval installe une ambiance plus froide et immersive, en contraste avec les groupes précédents. Leur musique est construite autour d’un imaginaire de pérégrinations et de ruines oubliées, évoquant une déambulation nocturne dans un château en ruine. C’est, au cœur de cette soirée, un moment plus solennel et introspectif.
Après une attente interminable lors des balances, la tête d’affiche du festival, le groupe allemand
GERNOTSHAGEN, entre enfin en scène avec un authentique black metal pagan mélodique. La scène se pare d’une vibration de lumière violette, renforçant une atmosphère à la fois sombre et intense. Le set nous entraîne dans une épopée au cœur de la nature et des mythes et légendes de leur région. Une dimension que l’on retrouve jusque dans la présence scénique du chanteur, dont le costume m’évoque à la fois une silhouette végétale et une créature mythologique. Dommage que les incidents techniques et le retard accumulé aient quelque peu clairsemé le public lors de leur passage, car le groupe nous livre un show convaincant, solide et maîtrisé.
Ce festival est un véritable élixir parfait de musique aux saveurs d’hydromel, où se mêlent avec brio intensité, folklore et contrastes, laissant derrière lui une empreinte à la fois chaleureuse et hors du temps. Rendez-vous à la prochaine édition !
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10/05/2026 09:19